O Fanette

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O FANETTE restaurant Marseille – Sinon le manque de gourmandise de mon plat qui, à le lire, résonnait l’Italie de mon enfance lorsque ma grand-mère cuisinait au feu de bois le dimanche en chantant Bella Ciao, la cuisine d’ici est plutôt proprette et fraiche.

Sauf qu’aujourd’hui: pas de plat du jour! Allez comprendre. A la carte, aucune véritable entrée, tout entre dans le casting des plats, une quinzaine quand même. De 14€ (salade Caesar ou samoussas de poisson) à 22€ (filet de bœuf aux morilles). Ça fleure bon l’Asie, l’Afrique, la méditerranée, les zétazunis aussi (burger). Et puis l’Italie donc, au moins sur deux plats. Avec des linguines aux palourdes et chorizo un peu déviante mais que l’élégante dame en tailleur attablée devant moi s’est enfilée sans chichi comme d’autres se harponne un steak-frite: avec voracité! Et mes « italian polpette »: gentillettes boulettes avec linguines et scarmoza, la fameuse mozza fumée.

Sauce tomate avec oignons et tutti quanti, 3 boulettes sans chair à saucisse, merci. S’il s’agit de la scarmoza promise (j’en doute fort), elle est râpée fine comme du parmesan, à moins qu’il ne s’agisse… de parmesan! Pas senti ce fumé caractéristique de la scarmoza. Quand on fourgue de l’Italie gourmande dans l’assiette, la recette doit taper du poing et dégueuler de l’AOC, dégouliner de truculence. Comme je disais au début, la recette est faiblarde du sentiment, pas assez plantureuse, ne fait pas rêver aux Pouilles. Il n’y a pas de contrepèterie. Bref! 16€ pour 13/20. Le service n’oublie pas les sourires façon copain mais oublie le pain, ce qui visiblement irrite la responsable.

C’est le problème du personnel géré à la cool, façon management à la zen. A la fin on me dit d’aller au comptoir pour payer, parce que les clients sont cools aussi. En passant j’ai vu dans des assiettes des frites fraiches archi-sèches vaguement jaunâtres, et aussi pâle qu’un vegan bouffeur de tofu. Mais le café est très bon, machine remarquable. Clientèle de tous âges, urbaine et « culturée » comme disait le stagiaire de la MJC de Vénissieux dans les années 70, tu ‘ois? A la fin du service dans la petite boutique de 30 couverts, le personnel papote avec assiduité dans l’entre-soi alors il ne salue pas le client qui part. Faudrait être cool avec lui, aussi. Ça serait plus cool non?