Mar Vivo

3.5

Le lieu n’est pas exempt d’énergie positive, alors même que le mélange des genres de clientèle s’y opère avec aisance.

Des supporters du RCT bedonnant et des faux corses en tong se font la bise devant un Ricard sinon rien, quelques jeunes regardent les clips à la télé, face à face trois copines sans âge aux cheveux multicolores tapotent compulsivement leur ifone sans se parler, des habitués en survêtement entrent en feignant ne pas en reconnaitre d’autres: l’esprit bar de quartier joyeux domine jusqu’aux alentours de midi où l’affamé s’attable. Au service, l’enjouée serveuse est épatante de saine tonicité! Ouaaah! Top! Ça fait plaisir la jeunesse impliquée!

On trouve à l’ardoise une flopée de classiques de brasserie d’une grande banalité comme carpaccio de bœuf, salade César, mozzarella buratta, l’inévitable burger, magret de canard, wok de poulet et bien sûr, le loup de Tamaris… Aujourd’hui comme plat du jour « cœur de tende de tranche, jus au romarin, pommes grenaille à l’origan sautées » à 14€. Rien que l’intitulé révèle le cuisinier potentiel. Confirmation dans l’assiette amenée en moins d’une minute (?). Beau morceau de viande net servi saignant. Un peu duraille (viande trop fraiche), jus travaillé, vraies petites grenailles poêlées, salade verte à dominante de mâche. Cuisine simple, ce qui ne veut pas dire bâclée, pas de méprise. 14/20.

Les desserts ne sont pas tous « faits maison », merci à la serveuse pour son honnêteté. Un café de qualité pour finir. Adresse vivante et réconfortante, terrasse, mélange des genres et cuisinier en cuisine. Du coup, les « banalités » de la carte sont peut-être au-dessus de la mêlée. Comme son nom l’indique, le bon plan pas prétentieux est du côté de Mar Vivo à la Seyne-sur-Mer. Il vous déjouera des mauvais qui pullulent dans le coin, entre assiettes balnéaires médiocres et boutiques gastronomiques prétentieuses qui vous prennent pour un américain en goguette.