L’Écomotive

- Table testée par Le Bouche à Oreille - 2020 3/5★ Ψ½
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L’Écomotive restaurant Marseille – Faut être bigleux pour ne pas voir L’Écomotive. J’arrive pas encore à comprendre ce sobriquet! Est-ce une contraction d' »économie » et de « motivation » puisque la maison propose du coworking: néologisme signifiant lieu de travail et réseau en commun, grosso modo? Boutique à un lancer musclé de noyau d’olive de la gare Saint-Charles! Du coup jeu de mot possible: locomotive, écologique, motivé. Allez savoir! La dame au chapeau vert m’a embrigadée dans ce lieu. Sacrée Mauricette.

Concept simple avec fer de lance bio, vegan, végétarien. Tu entres et tu fais la queue pour pas cher, c’est toujours mieux que le sandwich SNCF de la gare voisine. Arrivé au comptoir faut annoncer son choix, on te demande ton prénom et on t’installe. C’est cool. Avant faudra prendre assiette, couverts, verre et kleenex d’un rouleau de papier absorbant. J’vous jure. Salle en longueur, décorum hétéroclite, de la chaise disparate au canapé éventré et scotché. Assiette du jour facturée 10€ avec un dénominateur commun: salade verte, houmous, crudités, graines. Ce jour, 3 plats possibles servis avec cette base commune. Parfois selon la page Facebook de la boutique, on trouve tarte fenouil caramélisée et fromage frais, minestrone vegane aux légumes d’hiver et petit épeautre, polenta crémeuse avec blettes en sauce tomate, soupe coriandre et carotte, tarte poireaux emmental et moutarde… Bravo! Les cuisines réfléchissent! Aujourd’hui tajine abricot. Ah bon? Ici? Un tajine? T’affole pas Riton: la protéine animale vue ici d’un mauvais œil est remplacée par du chou-fleur. Pour le reste, un tajine conforme avec épices et tout le tintouin. Mauricette a bien aimé aussi. On a posé notre 13/20 en accord, pour une fois. Quand on a fini de manger, on rapporte gentiment son assiette dans un meuble prévu pour ça, on balance ses couverts dans un sot plein d’eau, façon prélavage.

Pour 10 balles on peut ainsi manger veganbiovégétarien et fait maison du côté de la gare Saint-Charles sans sentir à un seul moment une forme de sectarisme parfois rencontrée dans les établissements modeux qui veulent changer le monde en imposant ses idées sectaires. Voilà qui est bien et sage. Même qu’avec ses talons-aiguilles en crocodile et son anorak en peau de zébu, personne n’a fait la gueule à Mauricette, ou alors on ne l’a pas vue, mais ça m’étonnerait.