Le Vizille

- Table testée par Le Bouche à Oreille - 2020 0.5/5★ ½
0.5

LE VIZILLE restaurant Marseille – Une renaissance visuelle pour cette vieille adresse: devant l’entrée de la fac de médecine, une récente esplanade née d’une restructuration des axes de circulation automobile. Du coup on ne voit que lui, « Le Vizille » et ses ardoises gribouillées qui ratissent large.

Hamburgers, pâtes, salades, pizzas et des suggestions. Pour une brasserie, c’est une brasserie! Je pousse la porte. Après, c’est long. Je suis resté planté debout un bon moment en attendant qu’on me donne des consignes, coincé dans les odeurs de fritures et un boucan de salle des ventes. Clientèle vivante et bruyante car nombreuse, un mélange d’employés de bureaux et d’étudiants bénéficiant de tarifs préférentiels. Le serveur affolé comme s’il avait perdu son ticket de loto avec les bons numéros me passe 5 fois devant sans me voir, crispé dans ses attributions de livreur de cafés, de pain et de plats. Au bout d’un moment il se plante à 5 mètres devant moi puis fait une vérification à 360°, comme appréciant l’ampleur de l’ouvrage accompli. Il ne m’a toujours pas vu. Je fais pourtant mon poids.

Miracle! Il me pointe du doigt avec des yeux en forme de point d’exclamation puis tel l’agent de piste à Marignane, fait de grands gestes comme si j’étais un Airbus en me pointant du doigt la table où je dois atterrir. Chuis gros mais quand même… Bref! Assis devant le comptoir et le tiroir-caisse, je pige vite les failles de l’organisation à la marseillaise. Une pagaille mes enfants… 150 clients: le patron prend les commandes, va en cuisine un moment, fait les additions et encaisse puis reprend les commandes… Le personnel, deux individus en salle, est en compensation permanente avec les faits et gestes du taulier. Grosse rigolade à voir. J’ai attendu un moment, assis sagement. Des clients arrivés après moi sont évidemment servis avant. C’est le grand jeu de la vie. Faudrait écarter les coudes, marcher sur le pif de l’autre. Le daron joue le surpris: « on vous a pris la commande? » Ben non, on ne m’a même pas donné la carte m’sieur: « ça sert à rien, il ne reste plus que l’entrecôte et le foie de veau! ». Alors « foie de veau ». Il arrive en trois morceaux irréguliers, on sent bien l’intention de faire plaisir plutôt que de jeter les invendus. Bravo pour ça.

Foie taillé à la hache par un bûcheron moldave épileptique: découper l’abat est un art délicat. Du nerf, trop cuit ou trop cru, c’est suivant où tu pioches. Persillade du jour bien, qui ne pousse pas trop sur l’ail. Avec des frites maison molles et tièdes et des pousses d’épinards plutôt rares en milieu hostile. Bref! 11/20. J’ai les tympans pleins de bruit, le ciboulot plein de stress, le pull-over plein d’odeur de frite: tchao. Faut faire la queue pour payer à la caisse encombrée de mille choses empilées dans le temps: personne derrière vu que le patron est en cuisine. L’adroite dame du bar est habituée aux gens pressés qui ne prennent pas de café. Elle le vend à l’arrache à la file d’attente de clients qui attendent pour payer. Malin. Mais c’est Marseilleuuuu!