Le Réal Martin

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LE RÉAL MARTIN restaurant Le Cannet des Maures – Il faut louer l’initiative: un restaurant au cœur d’une résidence pour personnes âgées. Belle idée! En effet quoi de mieux pour des retraités d’âge avancé de se frotter à l’extérieur, au monde dit « actif », éventuellement à la jeunesse et à la population locale?

C’est toujours mieux que la télé et probablement un meilleur anti-dépresseur! Vraiment chapeau! Sauf que voilà: la volonté se heurte à des contraintes, comme celle d’accueillir le client, par exemple. Ou faire une cuisine qui n’est pas l’habituelle généralement crapuleuse proposée dans les « résidences pour personnes âgées », justement: Sodexo, Elior… Ce midi dans le grand réfectoire, se mélangent les résidents et leurs familles venues les voir, ainsi que le client commun du restaurant tel que moi, nous sommes peu. Le menu du jour vaut 16€: salade d’asperge, mignon de porc, gâteau de crêpes à l’orange. J’ai vu ces trucs chez mes voisins: asperges avachies en conserves, haricots verts éteints… Les jeux étaient faits à défaut d’être frais, je me devais toutefois d’entrecouper l’information.

C’est fait avec une calamité: « escalope milanaise ». Quand je lui ai signalé mon choix, le jeune serveur est resté figé bouche ouverte et stylo au garde à vous, comme s’il attendait un complément d’information de ma part. J’étais parti pour lui donner les numéros du quinté à Auteuil du 14 octobre 2019 sur 2150 mètres et avec 14 partants dont « Bohème de Juillé » monté par Eric Beudard, mais il a filé avant. Le serveur par « Bohème de Juillé ». Parti pour revenir un peu après avec l’assiette que je pressentais: escalope nerveuse et dure comme du pneu mais en beige clair, précuite en congelé, une insupportable calamité. Sans les spaghettis pourtant dévolus au genre milanaise: des frites décongelées pas bonnes et non salées, ce qui est peut-être volontaire vu le contexte de clientèle âgée. Un mesclun avec vinaigrette trop acide, rondelle de citron. Va t’exciter le merluchon avec un truc pareil: 7/20 et accrochez-vous à la fourchette: 17€.

Comme personne n’arrivait pour me proposer un dessert ou un café, je suis allé payer. Aucune illusion sur le fondant au chocolat quoiqu’il en soit. Enfin bon. Ça vous a plu? Oui-oui je vous dois combien? Alors je dis qu’il est fort dommage de faire à manger aux clients comme dans une « résidence pour personnes âgées » qui sous-traite le boulot à la tambouille industrielle. Alors même que c’était une aubaine pour ces personnes âgées de manger dans un bon restaurant utilisant des produits frais, travaillés même simplement. L’ambition aurait véritablement eu une sacrée gueule.