Le Puget

0.5

Il remplace « La Belle Vie » du même acabit testé par nous aussi, surtout fréquenté par la clientèle du midi en semaine, terrasse clope au bec et rayban au pif sur la place Puget où s’ennuient dès le matin les désœuvrés urbains qui croisent en partant les employés évadés des bureaux pour le déjeuner.

Le cuisinier vient parfois en salle saluer ses amis. Les autres, les clients communs, n’ont même pas droit un regard. Il s’en tape. Dans le business, faut aller direct à l’essentiel, pas de préliminaire, comme pour le reste. Droit au but: le tiroir-caisse. Bref! Dommage car ce jeune cuisinier n’est pas maladroit, en tous cas de ce que j’ai pu en observer. Dommage oui car aux achats, il gratte bigrement sur la qualité du produit. Ya pas de petits profits. Mais ya des clients, quand même. Même qu’une table de ses amis qui lui faisait risette au début se décompose et enrage discrètement devant le « risotto de St-Jacques » avec 3 pétoncles péruviennes avec corail décongelées qui se prennent pour des St-Jacques. A 19€ le plat, ils ne sont probablement plus amis depuis.

Parlons de moi, mon repas. Des salades aguichantes de l’intitulé, des burgers, des tartares, des woks, un filet de bœuf avec sauce en supplément (2€)… Comme j’ai pressenti la blague que j’allais me prendre dans le caisson à nouilles, j’ai opté pour une prise de risque minimale avec un « tartare thaï ». Un tas de bricoles: coriandre, échalote, gingembre, curry vert, graines de sésame, soja, yuzu, huile de sésame, carottes. Vous savez tout. Arrive une jolie assiette, un tartare au couteau mais la viande est dure, ce qui est quand même curieux pour un tartare. Les frites fraiches -mais de sous-traitance pas épluchées ici- sont précuites trop tôt, tièdes. Et la frite tiède, c’est pas bon. Dans un coin de l’assiette, le plus intéressant: un mesclun avec du légume original qui trahit un joli savoir-faire bâclé par l’optimisation comptable et l’absence de rigueur. 10/20 pour 17,50€ quand même.

Desserts à 6€ ou 7€. Un classique pour voir « tarte au citron revisitée ». Impeccable pour confirmer mes allégations: le moins d’effort possible, des wagonnets de sous-traitance, du bricolo qui se croit finaud. Un verre avec au fond, une gélatine jaune trop acide. Dessus, des miettes de fond de tartelettes pas maison. Dessus, de la Chantilly en bombe. Une fraise, une giclette de topping caramel. Point barre. De qui se moque t’on? Du client? Oui merci: j’avais remarqué! 7/20. Pas de café, non merci. Ou quand un savoir-faire culinaire à potentiel qui pourrait vous caler le gosier avec du solide passe du côté sombre du tiroir-caisse à outrance. Ça me mine le moral de critiquer la jeunesse entreprenante, mais faut quand même pas pousser. D’autant que les gamins bons cuisiniers de moins de 25 ans sont nombreux dans les pages du « Bouche à Oreille ». Renseignez-vous.