Le Mas De Bonneveine

- Table testée par Le Bouche à Oreille - 2020 0/5★ 00
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LE MAS DE BONNEVEINE restaurant Marseille – Sorte de hall de gare bruyant aménagé à la déco passée et au plafond travaillé de boisé. Effervescence caractéristique des déballages de tickets-restos pour des midis enchanteurs où l’employé dépressif se remplit le caisson pour oublier son chef de bureau avec qui pourtant il se sent obligé de manger tel le caniche suit son maitre, et puis il part bientôt à la retraite Gérard, sa place est à prendre vous comprenez… à moins que Martine me double, j’ai remarqué que celle-là, elle allait souvent lui chercher de la mayonnaise au buffet.

Enfin bon. Disons 150 personnes et je suis probablement court de l’expertise. Pour un midi même en zone ZAC, la performance est redoutable. Beaucoup de décibels dans les esgourdes. J’attends poliment à la caisse. Trois serveurs-serveuses me passent devant avec des assiettes pleins les bras en disant « je reviens m’occuper de vous ». La 4ème personne sera la bonne mais elle ne portait pas d’assiettes. Bref! Ne ménageons pas le suspens! 90% de similitude avec une de ses insupportables grandes surfaces de bouffe asiatique avec buffet à volonté! Tout pareil ou presque! La seule nuance est qu’ici tout est annoncé de vive voix, faut suivre les explications dans un tel boucan.

Seul le plat choisi est amené! Pour le reste: buffets! 14€ le menu du midi avec un « buffet d’entrées » spacieux ou toutes sortes de beignets baignent dans l’huile, du gras beignet de calamar au tempura de légumes liquides. Pour le reste, tomates de décembre avec carpaccio de mozza en carton, charcuteries bas de gamme, salades hasardeuses comme celle avec riz et poivron cru délicieusement agrémentée de bouts de nems huileux (encore), ailes de poulet tièdes, faux œuf mimosa, salade de cervelas, pois chiche rigolos dans une sauce poivron et une agréable aubergine à la tomate. Agréable car grassouillette mais là, c’est pour la bonne cause de la recette. Enfin bon. Volontaire dans le choix mais produits de (très) basse volée. 8/20. Alors en plat j’ai pris le « couscous » et il en fallait du courage. Une plâtrée livrée en assiette creuse avec au fond, la semoule comme un pâté gorgée d’eau, quelques pois chiche, gros navet et carotte. Merguez hachée fine, ça brouille les pistes mais n’ôte pas le gras qui pisse. Dans l’après-midi, la digestion fait ce qu’elle peut. Quant au pauvre poulet, il bat de l’aile, fatigué d’une non-vie qu’aucun volatile ne mérite. Un bout d’omoplate à la viande molle et la peau qui se décolle. Pauvre bête. 7/20 pour ce mauvais couscous.

Le « buffet de desserts »: gâteau au chocolat, tropézienne sèche, clémentine non sucrée amère, petite crêpe farcie de chantilly qui est le mieux, évitez les glaces 1er prix dans le congélo. 7/20. Le service est téméraire, et son côté féminin est souriant. Peu de clients prennent un café, on a la machine au bureau puisqu’on travaille à côté. Bilan: quel qu’il soit, un cuisinier peut difficilement faire mieux que celui d’ici vu les produits qu’on lui refile et la quantité de clients à servir. Cette circonstance atténuante n’atténue pas la déception: vraiment pas bon, même pour 14€. Abattage.