Le Carpe Diem

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Si l’on s’en tient à la cuisine, c’est la bonne petite affaire.

L’affluence est avalanchesque, terrasse et salle bondées de retraités, touristes égarés, commerciaux clopeurs, ouvriers fatigués, bûcherons mal rasés, plus exactement des livreurs de bois en pause-café beaux comme des dieux. Bref! Comme dit l’autre, « Carpe Diem »! Alors j’ai profité de l’instant présent: 45 minutes d’attente pour mon plat. Faut dire que point de vue organisation en salle, c’est le village gaulois! Mais avec le sourire! Les 3 courent dans tous les sens, moulinent sans prérogatives claires. J’ai bien compté: cinq tables arrivées après moi seront servies avant. Dont la table voisine, un couple de retraités d’apparence sympathique jusqu’à ce qu’ostensiblement ils me passent devant en faisant croire à la serveuse qu’ils sont pressés.

En me regardant façon « je t’ai bien eu Lulu ». J’ai eu du mal à me retenir de mettre un coup de godillot à leur caniche moche qui me léchait les pieds sous la table depuis le début. Mais passons. 45 minutes: la boisson et le plat arrivent. Formule 13,50€ avec « galette complète ». Car la maison fait non seulement restaurant, mais crêperie. Elle est très bien cette galette. Jambon correct, fromage ce qu’il faut, jaune d’œuf liquide. Petite salade livrée avec, mignonne présentation, 14/20. Pour dessert, j’ai demandé une « galette beurre sucre » croustillante. Du sarrasin, pas une crêpe froment.

Elle arrive très cuite comme demandée, au beurre demi-sel mais tellement radine en beurre. Quand un oiseau demande une galette en remplacement d’une crêpe en dessert, c’est généralement qu’il veut se régaler « à la bretonne », faut donc charger en demi-sel. Enfin bon. Apprentie épatante en salle, patronne souriante en diable et avec de la repartie. Et qui file parfois en cuisine pour seconder son conjoint cuisinier. Ce jour, la quarantaine de clients qui veulent tous être servis au même moment, forcément… Le café Lavazza est terreux, pas bon. Sinon, gentillette petite cuisine faite maison, pas frimeuse et… victime de son succès. Je vous ai dit que c’était long?