Le Cadet 83

1.5

Exit « La Baleine » mitoyenne de la « Brasserie des Iles », le port.

On change les cornichons et on garde le pot. De nouveaux tauliers sont entrés dans le cétacé au squelette de bois (vous comprendrez en voyant), un peu comme on entre dans des pantoufles: la boutique a fière allure! Des suggestions ardoisées dès 14,50€, des tartares, des tatakis, des burgers, des tagliatelles… la carte imprimée récidive le propos en ajoutant d’autres plats, dont mon « dos de cabillaud sauce au beurre blanc, écrasé de pommes de terre noisette et légumes du jour » à 22€ tout de même.

Arrive une assiette disharmonieuse des années 80 poudrée de chichi-panpan orange et bariolée de balsamique. Un coin salade verte avec râpures de carotte, une tasse de beurre blanc (poudré lui-aussi), une sorte de ratatouille molle marinée depuis trop longtemps qui renifle trop le poivron, un bout de poisson pas tout jeune en fin de parcours frigo avec peau épaisse et grasse ainsi qu’une purée cerclée à l’huile d’olive avec des bouts de peau de patate assaisonnée au poivre noir. Le poivre blanc est pourtant visuellement plus prudent dans une purée. De toute façon l’intitulé prévoyait des « pommes de terre noisette », absentes. Enfin bon. Du moyen parfait, pas mauvais mais laborieux, coincé entre la volonté de faire du frais et une réalisation trop primaire pour de tels tarifs. 22€ et 12/20.

Ce n’est pas les plats de mes voisins de terrasse qui infirmeront le bilan: entre le burger et ses frites fraiches qui virent dans un élégant dégradé de jaune clair à marron foncé et les bouts de poisson frits que le zélé serveur garantit crânement de pêche locale en montrant du doigt la Grande Bleue, voilà à peu près défini l’AOC resto tiroir-caisse comme tant d’autres en saison. Et ce n’est probablement pas le pire pour alpaguer le touriste qui désormais fuit le littoral pour aller se les geler en Bretagne ou pour être bien reçu en Croatie. Bref: moyen et trop cher pour ce que c’est!