Le Bregaion

2.5

Quartier charmant émancipé du cœur de ville, qui respire une forme d’autarcie, discret comme la violette sous les feuilles.

De l’humanité, peu de touristes, quelques commerces dont l’établissement du jour, un mini-marché attenant à la terrasse du bar-pmu-brasserie testé. Bref! De la vie! La brasserie… brasse, beaucoup de monde et même dans sa mécanique, le serveur est aimable. Le cuisinier est planté bras croisés devant sa porte façon je crains dégun. Lui, dire bonjour n’est pas son truc. Aimable comme un pitbull qui aurait reçu son tiers provisionnel, il vous regarde mais ça ne lui vient pas à l’idée de saluer. C’est pas son boulot vous comprenez, chacun le sien. Bref!

L’ardoise récite les classiques du genre: des salades dès 12€, une dizaine de plats de 14€ à 18€ dont daube de sanglier et de seiches, l’inévitable burger et l’obligée escalope milanaise. Et puis une suggestion du jour: « navarin d’agneau ». J’ai pour ce plat une adoration sans bornes, je lui voue un culte qui frise l’hystérie. L’assiette arrive. Aïe. Comme une soupe avec sur les larges rebords de l’assiette blanche, de la poudre orange et des bouts d’herbes comme s’il en pleuvait. Les petits bouts d’agneau qui nagent font ce qu’ils peuvent. Petits pois, oignons grelots, bouts de carottes et patates usés macérés, sans la moindre nervosité. Je n’ai pas décelé de navet, c’est embêtant vu l’étymologie de « navarin ». Le problème majeur est la surabondance de l’épice à couscous mise dans la soupe. Ça n’est pas vraiment mauvais, mais l’idée est trop éloignée de l’académique navarin printanier. 11/20 pour 12€!

Ça a failli être une bonne affaire! Trop d’agitation, trop de bruit: pas de dessert mais un café! Pour payer faut aller au comptoir. Quand je suis sorti, la terrasse était bondée. Ambiance villageoise avec la vendeuse de coquillages du petit marché qui fourgue ses huitres à l’attablé en collaboration avec « Le Bregaion ». Une belle atmosphère à connaitre, si vous aimez les huitres et le boucan.