La Table du 12ème

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LA TABLE DU 12ème restaurant à MARSEILLE - Le Bouche à OreilleSûr qu’il faut un cuisinier en coulisse, et un bon. Aimer un restaurant ne s’explique pas forcément par la rationalité. Il faut une dose d’enchantement, une musique de vie venue des tripes des tauliers, et souvent une histoire qui arrive aux oreilles de celui qui s’y régale. L’histoire, c’est celle des parents de Nancy Dreves et son frérot cuisinier Fernando Rodriguez: plus de 30 années (jusqu’en 2004), à tenir boutique rues Pavillon et Rouget de Lisle (1er arrondissement), spécialités espagnoles et italiennes! Tombés tôt dans le bain de la cuistance et de la convivialité! Faut pas s’étonner si ce midi la quarantaine de bouilles rieuses joue des coudes pour se faire le petit gueuleton! Et dans le quartier des Caillols siouplé! De la formule à 17€ au menu à 34,50€, le chaland en a pour son argent! Va falloir que j’évoque le cuisinier, un gaillard gourmand de naissance pas encore quadra mais du genre très carré point de vue rigueur dans le labeur! Il régale avec des classiques réveillés par une interprétation parfois personnelle. La créativité qui côtoie le classique? Nos deux entrées. Demandez à Mauricette! Le « saumon fumé maison » redevient ici celui qu’il n’aurait jamais dû cesser être ailleurs: un délice! Toast et beurre, simple: 15/20. Une perle: « velouté de topinambours aux gambas »! Huile de noisette, gambas de belle qualité à la cuisson surveillée et pour le croquant, amandes concassées.

LA TABLE DU 12ème restaurant à MARSEILLE - Le Bouche à Oreille Mauricette qui s’échangerait contre un chameau pour un bon risotto parie sur le « risotto au chorizo et duo de gambas ». Cuissons intégralement justes, le parfum de la brunoise du chorizo tire côté subtil-généreux, sans outrance. 15,5/20. Le copieux de son plat ne lui a pas empêché de taper un bout de ma « ballottine de poulet « label rouge » aux cèpes ». Quatre tranches. Une farce au bœuf qui n’est pas une blague! Nappage d’une sauce aux cèpes épaisse et franche, ravioli frais à la brousse. Pas pu finir, saucez si vous avez encore faim. 15,5/20. La dame au chapeau vert à l’appétit de Gulliver conclut par un « cheesecake clémentines/spéculos » qui avait pour but de me narguer: « moi je fais un vrai repas complet ». 15/20. Une cuisine vraiment bien faite, gaie et pas pour les appétits de moineaux, qui vous travaille au suave et vous remplit de tout. Service « tout feu tout flamme » de l’épatante Nancy Dreves. Pour vous désengluer du marasme de votre banal quotidien, cette femme-là ya pas mieux. Notez que les « fruits et légumes » frais proviennent de la boutique familiale mitoyenne, ce qui en explique la qualité. Si vous cherchez un restaurant pour vous faire voir, changez de trottoir… et ne lisez pas le « Bouche à Oreille ». Si c’est pour bien manger, voir vos voisins de tables sourire et vous fabriquer des souvenirs: vous savez ce qu’il vous reste à faire.

TERRASSE – PARKING AISÉ GRATUIT DEVANT LE RESTAURANT