Le Régence

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Surprenante brasserie, peu de détails ne la distinguent des autres sur cette fameuse place.

A « le Régence », les portes sont fermées pour que l’affamé mange au frais si le cœur lui en dit. Il m’en dit vue la canicule du moment, la climatisation n’est pas un luxe dans mes attributions quotidiennes de cobaye itinérant. Dehors la terrasse pour les affolés(ées) de la clope ou les surhommes qui ne craignent pas de sentir sous les bras à la fin du repas. Bref! Service vif et œil partout. Cinq plats à 11,50€ dont le plat du jour. Une formule à 16,50€ avec dessert. Une carte de 7 salades de 14,50€ à 15,50€. Des burgers et des croques, des tartares, et une huitaine de suggestions typiques de brasserie, magret à 19,50€ et andouillette à 17,50€. Ça en fait des choses hein?

Même avec un volume de clients importants, je reste sceptique sur une intégralité de frais travaillé. Une majorité sans doute. Les viandes sont toutes françaises: la discipline signe un état d’esprit. En tout cas, figurez-vous que je m’y suis vite senti bien, dans cette brasserie. Le plat du jour est le « fish and chips du chef ». Arrive une assiette rouge grande comme un plateau avec dedans, un cornet en faux-papier journal (question d’hygiène) d’où débordent des frites dorées un peu plus grosses que la catégorie « allumettes ». Et un morceau de poisson frituré dans sa pâte à tempura. Ça se dit « frituré »? Pour moi ça veut dire « frit mais pas trop non plus ». Poisson bon, sans doute frais, cabillaud. Un quartier de citron, un ramequin qui tente le coup de la sauce tartare maison, je n’en mettrais pas ma tonsure à couper. Je n’ai pas boudé mon plaisir: 14/20!

Le café n’est pas du Henri Blanc, ce qui dans le coin tient du miracle! Et puis je suis allé payer en bout de comptoir, fonction au tiroir-caisse tenue par une dame particulièrement souriante et avenante: elle s’est intéressée à ma satisfaction de client. En discutant, je comprends qu’elle est très fière de son équipe et de son nouveau jeune cuisinier. Des propos plaisants à entendre dans le monde agité et trouble de la restauration que je fréquente au quotidien. Présentations faites puisque je me dévoile, la rayonnante patronne promet de me rappeler pour me donner des explications complémentaires que je lui demande: je veux comprendre. Elle ne rappellera jamais. Les gens sont bizarres et décevants, parfois. Tel est notre monde.