La Place Gourmande

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LA PLACE GOURMANDE restaurant Marseille – Ça fait un an que le lieu joue la polyvalence de quartier avec un entrain visible confirmé par la carte de visite: brasserie, resto, bar à vins, cocktails, concerts. Les portes, qui ne sont pas celles du pénitencier des Baumettes à deux pas, sont grandes ouvertes.

Autant que la terrasse est garnie de clients qui profitent du soleil automnal qui fait des heures sup’ pour la plus grande satisfaction des gambettes des filles et des lunettes des garçons. Comptoir avec le taulier derrière, cuisine ouverte. Equipe de restauration joyeuse et enjouée! Dans le milieu de la sauce, rare d’observer un tel entrain à l’ouvrage visiblement sincère! Les cuisiniers-cuisinières viennent discuter en salle avec le client, lui expliquer: sympa comme tout! Ambiance familiale mais organisation de village gaulois! A l’entrée et en plein courant d’air sur une table-desserte collée au frigo où patientent tartelettes et Opéra, une tarte aux pommes maison attend son heure, à côté du chalumeau pour la crème brûlée, des pâtisseries en sachets prévus pour les cafés gourmands. J’ai vite su que je n’allais pas prendre de desserts.

Pour le reste mes petits bigorneaux adorés, le cuisinier connait son bulot. Banalités demandées et produits cuisinés se partagent l’ardoise: burger, camembert rôti, magret d’un côté. De l’autre: poisson sauvage, thon rouge, risotto St-Jacques et mon « carré d’agneau » demandé « rosé ». Je n’ai pas vu l’origine des viandes obligatoirement affichée dans l’établissement. Je croirais donc sur parole le patron: « Ecosse ». Trois belles côtelettes proprettes, bien parées. Agréable courte sauce crémée à l’oignon qui n’est pas prévu dans l’intitulé, purée rustique cerclée, remarquables courgettes et carottes poêlées, un quart de fenouil, du frais. La chair de la viande demandée rosée est belle mais servie bleue. Et tiède. On dirait un tataki de thon rouge à peine snacké: la croûte est pâlotte. Pour l’agneau, rosé veut dire: « la croûte est dorée, l’intérieur est très rosé à cœur avec une zone entre les deux un peu plus beige et les fibres sont légèrement contractées ».

Je répète ce que disent les sites spécialisés puisque la demoiselle du service est coincée de la certitude. Le cuisinier force le trait avec une décoration des années 80: la poudre chichi-panpan orange sur le tour de l’assiette est totalement superflue. Malgré les erreurs, je me suis régalé car la viande est de qualité, rare à ce niveau de tarification: 18€! 14/20. Félicitons la direction pour son choix de produits, légumes et viande! Ça nous change des économies de fond de tiroir! Puisque la maison fait « bar à vins », j’aurai aimé que la serveuse qui sait tout me propose une sélection au verre… mais non. Enfin bon. Oublions tout ça: bonne ambiance de travail, pâtisseries à revoir, pagaille à la marseillaise… et bon cuisinier.