La Meule De Foin

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12H45: le soleil tape fort.

Clope au bec la direction attablée attend le client en terrasse devant le restaurant. Une maison à deux étages de style local, cubique et rénovée de frais. Il y a bien un menu à 27€ décliné en formule, mais « on ne le fait pas le midi, on n’en vend pas le midi ». Forcément, si on ne le propose pas (ou plus), ça va être compliqué de le vendre. Paris ne s’est pas fait en un jour. Dans la restauration extra-urbaine et les coins reculés, si t’es pressé d’acheter un 4X4 et de passer des vacances aux Seychelles la 1ère année d’exercice, faut pas ouvrir un restaurant ici.

L’impatience oriente souvent les choix en direction du médiocre: l’établissement a ouvert ses portes au printemps 2019. Alors du coup, le chaland affamé se retrouve coincé dans une formule obligatoire à 14,50€… sauf la table voisine qui a su négocier un saumon grawlax qu’on retrouve dans le menu à 27€. Enfin bon. Pour 14,50€, du choix au rayon plats: fish and chips, salade du chef (la fameuse), entrecôte et « magret de canard ». Enfin non. Un demi-magret. J’ai rien contre mais faudrait prévenir. Servi avec des frites. D’office. Sans autre possibilité. Pourquoi s’embêter à faire autre chose alors que les gens ne se plaignent pas? Ou n’osent pas. On entend ce qu’on veut bien entendre, ce qui nous arrange. Et pis on n’est pas des chiens non plus puisqu’on sert avec une tomate provençale crue tartinée d’un ail tellement puissant que je suis exorcisé pour 4 générations! Une horreur! On n’a pas idée! De quoi faire tomber en panne la clim de la bagnole au retour!

Enfin bon. Soulignons que le demi-magret est cuit correctement, et les frites sont fraiches. Moutarde et ketchup en sachet. 12/20. Dessert: « panacotta aux fruits rouges ou boules de glace? ». Goaaaaal! Quel choix opulent! Mais c’est magniiifiiiqueuuu! La serveuse m’amène donc une « panacotta aux fruits rouges ». Coulis industriel mais crème maitrisée, peu chargée en gélatine. 12/20. Le café est compris dans le prix. Alors voilà. Une dizaine de couverts, le cuisinier sort, épuisé, pour (re)fumer une clope en terrasse. Pffouuu… quel métier exténuant!