La Matelote – Lou

3.5

Un gros bâtiment à angle droit, une flopée de commerces, le tout face aux bateaux du port mes petits canaillous.

Avant « La Matelote » était sur un côté, la voilà depuis trois années de l’autre après déménagement pour s’installer « Chez Lou ». Terrasse sous canisses, ambiance joyeuse et clientèle mélangée, bisous mouillés avec gloss à lèvres et poignées de mains viriles de mal rasés habitués. A l’époque (aout 2015), l’assiette ne m’avait que moyennement intéressé, ambiance de rendement à tout prix et sans âme, pas de sourires, mange et tais-toi. La direction d’ici a nettement augmenté le niveau de sympathie et un peu celui de la cuisine, mais pas les tarifs. L’équipe strictement féminine est formidable: faut avoir le moral et les nerfs solides quand tous les clients sont pressés, même les retraités. Serveuses attitrées, la patronne et même la cuisinière amènent les assiettes: un bel état d’esprit de solidarité dans la tempête! Bref! Pour 14,50€ le menu du midi avec choix, le client n’est pas lésé en volume.

Entrée « salade de chèvre façon cheftaine » avec une classique brick au chèvre (bien fondu) et miel, un mini-chèvre pané, lardons et cubes de patates sortis du frigo (aïe, comme en 2015), salade verte fraiche (pas du sachet), tomates-cerise. Bonne vinaigrette et pas de balsamique! Ouaiiii! Merciiii! 14/20. Le plat du jour: « faux-filet ». Je n’ai jamais vu un tel morceau de viande dans un petit menu à 14,50€. Epais et saignant comme demandé, servi avec patates et légumes qui auraient mérité de trainer plus longtemps dans la poêle. Sur le dos de la viande, une tartine de crème fraiche champignonnée. 14,5/20 pour la générosité. Les desserts seraient tous « faits maison », ce que je n’ai aucun mal à croire.

Pour des raisons qui ne regardent que mon médecin et moi, j’ai préféré au strict sucré la « salade de melon ». Des cubes dans une grosse verrine. Pas bon, pas mûr. Ce qui vaudra de la part de la patronne un glaçant « chuis pas dans le melon ». Curieuse attitude, heureusement pondérée par l’entrain général de l’équipe. Comment peut-on servir un melon aussi mauvais? Faut gouter en cuisine! 8/20. Je ne veux pas pénaliser la « cheftaine » pour le reste du boulot effectué en la jugeant sur ce melon qu’elle aurait du dégager de ses rayons ou travailler autrement. Ou ne pas l’acheter. La sévérité n’est pas de mise à l’observation des petits prix de la maison… qui n’a pas le melon. A noter, le café Henri Blanc tient comme jamais la route, machine bien réglée.