La Marmite Créole

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Le concept? Cuisine fusion-créole.

Banque réfrigérée joliment garnie. Point de vue capacité de réception de la clientèle: une table de camping et une chaise! Restaurant plein avec un seul client à rideaux tirés! Ça va faire court pour vous y inciter à aller y casser une graine, même en tête à tête avec la moitié de votre vie sur vos genoux. En été, la terrasse adossée à l’arrière de la mairie rattrape le coup. En ce moment c’est l’hiver. Donc salle, avec moi dedans. Et deux cuisiniers, père et fils. Et une vitrine façon traiteur à emporter. Dedans: cuisine créole! Mais pas que! Pavé de saumon sauce coco-curry, cari de poulet à l’indienne, colombo d’agneau, poulet massale, queue de lotte aux lychees, riz zambrocal, rougail saucisses fumées, poulet sauce aigre-douce, poulet gingembre-conbawa, bonbon piment, samossas poulet, espadon conbawa et curry zourite (poulpe).

J’ai fait mon marché dans cette vitrine puis j’ai attendu qu’on prépare mes assiettes. La 1ère: « acras de morue » extra, au gout de poisson, dense et sans air! Les industriels congelés sont insupportables! « Bouchon porc-combawa » tonique et franc. 14/20 pour 3 francs et six sous et encore, je compte large. Je ne sais pas si vous connaissez le « bol renversé mauricien »! Influence de la Chine dans cette recette! Un tas de bricoles disponibles sous la main du cuisinier: riz, lamelles de champignons noirs, chou, saucisse chinoise… Empilage: tassage dans un bol avec un œuf au fond. L’intérêt est dans l’assaisonnement qui ne ressemble à aucun autre: dominante de la sauce d’huitre! Servi tiède, c’est un régal sauf… l’œuf trop cuit. J’ai toujours eu un problème avec l’œuf trop cuit. L’idéal serait qu’il soit cuit à part comme un œuf au plat, puis posé sur le bol renversé. M’enfin bon. 14/20 et seulement 10,50€.

Alors je ne vais pas épiloguer sur la boutique, le mieux étant d’aller vous faire une idée par vous-même. Cela dit, j’ai vu un duo qui aimait son boulot, qui ne voulait pas faire concurrence à l’Hôtel du Castellet ni à Alain Ducasse. Ces gens s’en tapent comme de leur premier rougail-saucisse. Une gestion du quotidien pour être heureux, tant mieux si on vit de notre travail, les clients décideront. Un peu la lucide et un tantinet fataliste vision « des iles ». Ça tombe bien, ils les connaissent bien ces « iles », même qu’ils en reviennent et que depuis mai 2018, ils nous en partagent un peu la philosophie.