La Bohème

4.5

LA BOHÈME restaurant à LA MOTTE - Le Bouche à OreilleRemerciements, courriers gentils et p’tits mots doux sont acceptés. Je vous fais gagner un temps précieux en ayant dégoté cette perle non? Faut du bol pour qu’elle vous tombe sous le pif! La table d’Emilien Fassi est presque la petite maison dans la prairie, mais surtout un super resto au bord de la Nartuby. Croquignolette petite salle contemporaine où on se sent à l’aise. Je ne vous ai pas encore dit avoir déjeuné sur la terrasse ombragée? Voilà, c’est fait. J’y ai vu des retraités pas pressés, des employées d’à côté pas pressées non plus, des parisiens en goguette tout de blanc vêtus comme échappés de Saint-Tropez qui jouaient les pressés, un VRP esseulé avec son plat et un verre de rosé. Et moi. Le midi en semaine, formule 14,90€. A la carte, on voit vite que la cuisine chante un terroir provençal aux intonations nissardes, et s’acoquine avec des saveurs d’ailleurs! Des entrées à moins de 10€, on croit rêver: courgette farcie niçoise, ceviche de daurade aux agrumes et coriandre, saumon grawlax et tartare d’avocat à la mangue et aux pignons de pins, cannelloni de blettes et ricotta. Les plats dépassent rarement les 20€: filet de bœuf charolais sauce Porto et griottes, souris d’agneau confite au miel et romarin, quasi de veau sauce béarnaise, steak de thon mariné aux câpres. Pas tout le même jour non plus, visez bien. Entrée sage aux mirettes et respectueuse du genre: « crème de fèves, œuf poché, copeaux et huile de truffe ». Assiette creuse avec la préparation crémée ajustée, lamelles de truffe effacées devant les toniques miettes de chou rouge, fragments de haricots verts frais et cebettes.

LA BOHÈME restaurant à LA MOTTE - Le Bouche à Oreille En sous-marine, l’œuf poché fait le dos rond comme il faut. Un 15/20 et un gros bravo. Un plat du jour de la sorte ne se trouve pas sous le pas d’un cheval: « dos de cabillaud façon aïoli ». Quelle qualité de poisson! Pas du cabillaud falot! Pour la photo, un onctueux pavé souple cuit au cordeau posé sur un lit de pommes grenaille largement secondé par une foultitude de petits légumes aux belles couleurs comme s’ils étaient contents d’être là, les pôvres, s’ils savaient ce qui les attend, ça ferait même pleurer un vegan. Et la grosse quenelle d’aïoli faite ici que le poisson porte sur son dos est d’une finesse rare, et de fort belle tenue. Pour 11,50€ voilà qui vous dégage hors du ring économique les steaks-frites gras et autres hamburgers de contrebande. Le 15,5/20 n’est pas volé. J’ai tenté le dessert, petite déception avec la « tarte citron Kalamensi », agrume entre mandarine et kumquat, appareil peu sucré, très bien. Bonne idée et dressage minute qui confère au biscuit sablé le croquant parfait. Dessert servi dans un verre arkoroc hors-jeu, surtout à la suite de plats appliqués comme ceux juste avant. 14/20. Service bien présent habitué à la pression touristique et qui s’intéresse à votre confort. Ça dure depuis début 2017, c’est à dire depuis qu’Emilien Fassi et ses 22 printemps ont décidé de vous régaler. Un sacré bon cuisinier qui a préféré sortir du chemin tout tracé de la stricte gastronomie pour vivre libre au pays. Nous en voilà réjouit!

LA BOHÈME restaurant à LA MOTTE - Le Bouche à Oreille

OUVERT À L'ANNÉE – TERRASSE OMBRAGÉE – ACCUEIL GROUPES