Kashmir Villa

2.5

Rue de la Comédie, entre la Place de la Liberté et la Place d’Armes.

L’adresse a décidément du mal a reprendre son souffle: ex Richardi. On en possède quelques-unes comme ça dans l’escarcelle, qui en une vingtaine d’années n’ont jamais sorti la tête de l’eau, avec des changements de proprios comme s’il en pleuvait. Loyers trop élevés, la crise, la faute à pas de chance: ici c’est Toulong cong. Cela dit la boutique a le charme de la clarté contemporaine. Une cuisine indo-pakistanaise a pris les rênes du lieu presque récemment. Un de ces midis d’été triste et trop chaud d’un centre-ville éteint. On ne va pas gaspiller la climatisation alors on ouvre les portes pour créer d’hypothétiques courant d’air… alors qu’il n’y a pas un brin d’air! Je suis le seul attablé prêt à endurer la suée. Personne n’entre ici: il n’y a pas la climatisation. Ça sent le grattage de centimes d’euros, le mauvais choix et les économies mal placées. Bref!

Un tas de formules, plein de menus, une ribambelle de plats comme s’il en pleuvait, ce qui aurait rafraichi l’ambiance. J’en ai dénombré une soixantaine sans compter les quatre riz d’accompagnement. Ça commence à faire du monde dans le bosquet. Je tenais absolument à gouter le « poulet mariné et grillé au feu de bois », le fameux tandoori. M’arrive une plaque brûlante avec un peu d’oignon et beaucoup de poivrons. Une agréable cuisse parfumée et un peu relevée à 6€. 14/20. Essai du « biryani légumes », riz basmati et légumes de saison cuits dans une sauce parfumée. Riz dans la moyenne, mais légumes pour la plupart congelés: rondelles de carotte ridicules, haricots verts pas super, petits pois blablabla, poivrons. Et des bouts de tomates fraiches pour se donner bonne conscience. C’est se moquer d’évoquer « légumes de saison » dans l’intitulé dans de telles conditions. Dommage car la préparation est tonique et moins grasse de coutume. 12/20 et 13€. Ce qui fait cher le bol de riz, fut-il un peu cuisiné. Le pain nan au fromage tient la route. Alors bien sûr comme le client a très chaud, le service a très-très chaud. On sent bien que ça ne l’aurait pas dérangée qu’on aille manger à côté.

Un côté lascif et éteint qui donne au client envie de sortir à peine entré. Pour une raison mystérieuse à 13h pile, d’un coup la musique monte à 87 décibels selon mon appareil de mesure, sans que ça fasse vibrer un cil à la serveuse. Elle demande d’enlever les couverts parce qu’elle ne les change pas, faut demander plusieurs fois une serviette en papier, mais l’agréable eau fraiche est servie avec de la menthe. La maison prend la CB mais fournit une note manuelle sans TVA car elle n’est pas assujettie à la TVA. J’ai cru déceler un sourire à mon départ que j’attribue statistiquement au bonheur qu’avait la serveuse de me voir enfin dégager le tarmac de son restaurant passque hein, keski fait chaud. Ouai, il fait chaud hein… mais pour les autres restaurateurs aussi non?