Inti Cucina Tipica

3.5

INTI CUCINA TIPICA restaurant Marseille – Ça embête quand on souhaite déjeuner à l’intérieur: tout le monde mange en terrasse ce midi. Ma contrariété sera furtive, au final la demoiselle accepte ma demande. Elle a peur que je fasse des miettes qu’elle devra balayer après mon passage? Elle a tort.

Quand c’est bon, je ne laisse rien, même pas les miettes. Et à mon grand étonnement: c’est bon, voir très. Pourtant le registre exotico-rigolo-muchachos me court généralement sur le haricot (rouge). Jamais agréable, toujours bâclé, multi-réchauffé, mal fagoté. On vous y empoisonne de tapas de contrebande en vous refilant du cocktail vendu à prix d’or pour faire passer dans les tuyaux. Tandis qu’ici mes petits colibris, c’est non seulement tout joli dans la décoration mais en plus, un vrai cuisinier s’exprime. Pour combien de temps? Je l’ignore. Cette satanée « Place aux Huiles » voit naitre parfois des perles qui sombrent rapidement dans une course au volume qui s’accorde généralement mal d’une prestation de qualité. Bref!

Cuisine inspirée des amériques, centrale et du sud. A la carte en ce moment, 6 entrées cuisinées de 9€ à 13€ dont une idée végétarienne. 4 poissons et 4 viandes: de 19€ à 80€ (pour deux), des ceviches et même des sashimi. Hébé oui: les premiers Japonais se sont installés au Pérou en 1899. Je ne donne volontairement pas de détails sur les plats proposés pour titiller votre curiosité. Le midi, formule 20€ et menu 24€ avec alternative à chaque étage. Entradas les copinasses avec « ceviche tropical dorade agrumes ». Fort bien dressé et coloré dans une sorte de bol en jolie céramique. De l’herbe en haut de la colline, fine brunoise de poivron rouge, oignons rouges, cébette immangeable car coupée trop épaisse, avocat et mangue mûrs (pas fréquent), un peu d’orange, jus de citron vert et donc, les morceaux grossiers de la dorade marinée, probablement coryphène vue l’épaisseur. Vraiment bien, rafraichissant et épicé. 14,5/20.

Mon plat! « Costilla de cerdo laquée »! Hein? Côte de porc laquée. Plutôt une échine assez fine et souple, pas aride comme la côte. Dans un jus épicé formidable, un peu pimenté dans le fruité, peut-être du soja et du fond de veau, Colombo si ça se trouve, j’en sais rien mais c’est un franc régal. Purée de légumes et de féculents, rustique. Bien présenté. 15/20. J’apprends que le chef français a fait les poches des cuisiniers des restaurants de contrées lointaines. Il serait notamment secondé par 2 boliviens. Je vous conseille de vite aller y faire un tour, pas sûr que ça dure aussi longtemps que la révolution mexicaine ou la guerre d’indépendance du Pérou: la direction possède d’autres restaurants dans le coin dont certains sont infiniment moins intéressants.