Himalaya Buddha

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Testé en mars 2015.

C’était pas bon alors j’étais content: la mignonne boutique un peu isolée du flux touristique a été reprise en avril 2019! Ça n’a pas tellement changé. Sinon le sourire du nouveau taulier. Il est content de voir un client, fait risette, accueille sans faire la tronche. La carte présente toujours ses deux facettes: la cuisine indo-pakistanaise qu’on retrouve partout ailleurs dans la ville, et la plus confidentielle cuisine népalaise. C’est elle que je vise, forcément! Une huitaine d’entrées lui sont consacrées. Allons-y pour « Sekuwa » décrit ainsi: « morceau des agneau grilles, prepare avec oignons vert, gingembre, coriandre fraiche, des épices sauce légèrement piquant ». On s’y croirait mais qu’importe.

Le monsieur me pose sous le pif une plaque si brûlante que la vapeur grasse m’a embuée les lunettes. Le temps de les nettoyer, j’ai pu observer dans l’écuelle 10 petits bouts de viande plus ou moins nerveux et rouges comme ceux qui bénéficient d’une préparation avant de passer au four tandoori. Légumes crus en lamelle: chou, poivron vert, oignon, concombre. J’ai demandé du pain, pas de pain. Alors « un nan fromage siouplé » môssieur le restaurateur. Il est arrivé en 1 minute. Record du monde. Un miracle comme seul l’Himalaya en offre, ses légendes et ses mystères. Bref! Pain nan peu excitant, pour que j’en laisse… et 3,5€ quand même! Mon entrée? 11/20 pour 8,5€. Spécialité népalaise traditionnelle parait-il très connue: « les momos ». Ne riez pas. Des raviolis de forme similaire au gyoza japonais, au jiaozi chinois, au pelmeni russe. Généralement cuits à la vapeur, ou légèrement snackés. Mon plat est « chilly momo » et vaut 13€. Une dizaine dans une grande assiette creuse, un mélange de croissants et de boules. Les machins sont durs comme la pierre. Forcément, ils sont passés à la friteuse. Un massacre.

Carapace si résistante qu’on peut difficilement en manger le contenu infect. Juste un, donc. Entre viande hachée trop aillée et vieux hachis de légumes poivronneux qui sent fort. Gros morceaux d’oignons, gros morceaux de poivrons verts. Une feuille de salade et une rondelle de tomate, comme une caricature. Ensemble badigeonné de ketchup. Sidérant. Les amerloques ont colonisé le Népal, ça ne m’étonne pas. Fallait trouver des arguments pour convaincre le patron-serveur reprenant mon assiette encore pleine: « j’ai tout mangé mon pain nan, j’ai plus faim ». Alors que je l’avais planqué dans ma sacoche. Bref! 4/20 pour 13€. Enfin 13€… l’addition siouplé… Merciii. Hô? Le plat est facturé 14€. Avec mon entrée et mon pain nan: 26€. 1€ de gratté par le caissier. Allez hop, on déplante le parasol et on se débranche du fantasme avorté. Nul.