Crêperie Les Deux Frères

2.5

Les autres ne font pas envie, une brochette de restaurants ou assimilés alignés devant la Grande Bleue.

Alors une crêpe: on risque moins. Ici, ça envoie dru sur le billig, ça dépote sec quand le soleil est de la partie, ce qui n’a pas manqué d’être le cas cet été. En cette fin de saison, la clientèle est un curieux mélange de costume-cravate en pause, de retraités habillés comme pour le baptême du petit dernier, de maillots de bain… le patron et le serveur s’entendent admirablement, car à deux et vu la flopée de client toujours pressés, le service n’est pas très long. Mauricette sortait tout juste de chez le coiffeur pour rafistoler les bouclettes de sa perruque de fausse blonde aux reflets violets. A peine qu’on était assis qu’on s’est pris une frappe non-chirurgicale de brumisateur sur la tonsure. On se croirait dans un hammam. Du coup, les bouclettes toutes neuves ont fait relâche et Mauricette s’est mise à ressembler à un ravioli vapeur de chez Tchang alors qu’elle voulait être coiffée comme Marie-Antoinette.

 Enfin bon. Point de vue alimentaire, nos galettes sont dans cette moyenne exonérées de magie, elles manquent de croustillant, comme toujours. C’est curieux que la clientèle sudiste préfère le mou… qui explique que le restaurateur propose du mou. Dommage car ici, le jambon est d’une qualité correcte comme pour ma « galette complète », avec œuf et emmental aussi. Pas de chichis dans l’assiette, du sobre, et en plus comme on dit dans le milieu de la sauce commerciale « c’est plus simple à envoyer ». 8,70€ et 13/20 à cause du mou. Au milieu du fog généré par les brumisateurs, Mauricette a trouvé spirituel de commander « l’anglo-saxonne » avec chester, lard fumé grillé et œuf sur le plat. Of course. Elle aime: avec moi elle est habituée au mou. Je vous en prie, restons sérieux. Bref! 14/20 et 9€.

On a siroté tranquillou notre bouteille de cidre Kerisac dit « traditionnel » à 10,90€ qui est infiniment plus agréable qu’un mauvais Bordeaux de négociant à 30€. A la caisse juste devant les cuisines, la philosophie commerciale souriante du service contraste sévèrement avec la tronche de receveur des impôts contrarié de l’encaisseur. Surtout quand je lui demande une note avec la TVA pour mon comptable adoré. L’autre au tiroir-caisse avec sa dégaine démoralisante, il vous dézingue le boulot émérite de la salle en moins d’une seconde.