Chez Papa

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CHEZ PAPA restaurant Salon de Provence – L’énergie volontaire de ceux qui « ne sont pas du métier »! Quelques restaurateurs blasés de la place Morgan pourraient s’en inspirer!

Depuis son lifting, cette place aligne un torrent de restaurants ou assimilés. Les anciens vissés sont toujours là, s’intercalent des nouveaux. Dont lui. La terrasse au carré est clôturée par de la verdure en pots. Intérieur pas tellement spacieux, tout en longueur. Pas de nappes, mais serviettes en tissu. Ça pose tout de suite une ambition. Au service, ça fonctionne un poil à l’arrache avec le père et le fils. Pas de plat du jour aujourd’hui sous le prétexte amusant de « comme on change la carte, c’est trop compliqué ». Jamais entendu, et j’en ai entendu un paquet. Annoncé comme une évidence que ne peut comprendre le profane. C’est un peu énervant. D’autant que la volonté de faire du frais est écrite et répétée par le service. Au cas où on ne sache pas lire. Bref! La carte changerait toutes les 3 semaines. Bravo.

J’ai mangé un « œuf mollet florentine, émulsion de Parmesan ». Sinon l’œuf trop glacé, c’est bon et soigné, épinards planqués sous l’émulsion délicate bien dosée en fromage. Deux bouts de pain longilignes et chauds. Sur le bord, une sorte de tartare de tomates sucré-salé discutable, et du zigouigoui de balsamique comme pour le CAP de cuisine 1994. Pour 8,5€ « seulement » quand d’autres taules osent vendre ce truc le double: 14/20. Un des 5 plats possibles à la carte est « dos de lieu jaune aux noisettes, trilogie d’artichauts ». Sérieux pavé avec peau que j’aurais préféré poêlé, il est tiède. Bonne purée de fond d’artichauts grassouillette ornée de… chips en sachet! Des chips comme déco dans une assiette à 23€, c’est rigolo. Noisettes brutes sur le dos du dos de lieu, pas poêlées non plus. Un cœur d’artichaut mou, deux demis violets mous. Ça doit faire les trois de la « trilogie » prévus dans l’intitulé. L’idée est jolie mais précipitée, ne va pas au bout de l’idée.

C’est le coup de la brasserie qui voulait se faire aussi grosse que le restaurant. Mais le cuisinier est bon, juste que quand faut sortir la centaine de client pendant le service et qu’il n’y a pas les chœurs de l’Armée Rouge en cuisine… Bref! 14,5/20! Pas de café pour cause de machine en panne. Faut se lever pour aller payer à la caisse selon les consignes autoritaires du taulier. Pas de cartes de visite à distribuer. Des patrons qui débordent d’énergie, pas peu fiers de leur réussite! Notamment quand le père m’avoue « faire des apéros pour 2000 personnes », c’est moi qui ai la plus grosse. Bref! Un peu chérot, et un brin de modestie de nuirait pas au panorama.