Chez Lolo

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Une place à l’ombre de l’Hôtel de Ville. Ah tiens? La boutique a encore changé de tauliers… et de nom.

Fait pas chaud, quelques courageux clients en terrasse. J’entre: musique à fond les ballons dans les haut-parleurs. Quel boucan. Le son baisse d’un coup, quelqu’un a remarqué mes yeux exorbités tels ceux du lapin sur une route de campagne surpris par des phares de bagnoles. La sono, peut-être la raison de clients attablés dehors par ses températures. Le paillasson est usé jusqu’à la moelle, des détails d’un établissement repris non entretenu et qui baigne dans son jus. Ça coute pas cher pourtant, un paillasson. Ça ferait plus sérieux point de vue hygiène et propreté. La direction n’a pas remarqué son état de délabrement avancé, si ça se trouve. Enfin bon. Dehors deux ardoises avec 4 entrées (dont 3 sous les 10€), loup-dorade-sole dès 24€, magret-côte de bœuf-entrecôte de 19€ à 22€. Dans la version papier des propositions, les pâtes complètent le tableau.

Une formule entrée-plat du jour sur l’autre ardoise vendue 15,90€ avec un café. Avec alternative, bien. J’étais très étonné que la direction propose « foie gras » à ce niveau de tarification. Effort esthétique dans la présentation pour ce que je rebaptise « terrine mi-cuite de foie gras ». Pain de mie toasté, un peu de salade verte avec giclée de coulis de poivron, et… les deux entames du bloc! La classe à Dallas! C’est-à-dire que le type en cuisine s’est dit « bon lui avec sa dégaine de VRP en extincteurs qu’on ne reverra jamais plus, je lui refile l’invendable ». Les deux petits bouts du boudin de foie gras façon torchon… pas maison! En plus! Mais les fabricants ne sont pas idiots: il est correct et parfaitement moyen pour plaire au plus grand nombre, et même mieux que des « fait maison » trop approximatifs. Bref: révélateur de l’état d’esprit de la maison. Un peu comme pour l’histoire du paillasson, voyez? Ou aussi les serviettes en papier moins agréables que du Sopalin. Bref! 11/20.

Le plat s’en tire un peu mieux, un « filet de cabillaud pané et sa purée aux herbes fines ». Le truc a la mode, c’est le fish and chips. Comme du poisson pané, joli bloc de poisson frit (pas maison non plus). Une purée de pomme de terre avec effort de cerclage, proprette et agréable. Encore d’inutiles feuilles de salade. 12/20. Le café est bon et, détail amusant, la direction donne un biscuit avec. Souvent dans les formules où le café est compris, les tauliers grattent les centimes en ne le donnant pas. Ici non. Cuisine d’assemblage mis en scène avec une relative application mais sans jugeote, rapport qualité-prix pas si mal quand on sait qu’on trouve la même chose à 25€ ou 30€ sur les tables décomplexés dans l’art de se foutre du monde. Alors bien sûr, le guide « petit futé » aime l’adresse et le blogueur-expert-connaisseur s’esbaudit devant la sincérité d’une aussi formidable « cuisine maison ».