Cave Les Alpilles

3.5

Tiens? Changement de propriétaire? Chouette!

Entre boutiques prétentiardes qui se croient à Saint-Rémy, affolés de la CB et de la mauvaise tambouille qui tirent aux pigeons sur le gogo de touriste, et le peu de tables douées planquées: ya la place pour ce genre de boutique à Fontvieille! Il s’agit avant tout d’une cave à vins avec 3000 bouteilles! C’est même ce qui saute aux yeux de Mauricette! Elle n’en loupe pas une la pétroleuse qui carbure au gros rouge! Une éblouissante cave! Et pas que du vin! Des sous-sols voutés et des rayons rangés! Et même un puits! Avec de l’eau! Beurk! En salle, une avenante dame dont on apprendra en fin de repas qu’elle vient de céder cet endroit. Même pas triste. Même pas aigrie. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi cordial et souriant dans ses conditions: pourtant ex-propriétaire la voilà devenue désormais employée. Souvent, j’entends « ouin, moi c’était mieux que ceux qui m’ont rachetée, y sont nuls… ». Bref: la grande classe! On mange?

La carte alimentaire côtoie dans un grand flou le registre tapas. Une vingtaine de propositions salées et sucrées. Ça décolle dès le bol d’olives et lupins aux herbes à 3€ pour aller à la machette de jambon ibérique cebo à 16€. Gaspacho de légumes d’été à la paille (7€), tomate-mozza au pesto de roquette (12€), pérugines à l’italienne (13€), terrine du chef au figatelli et poivre de Kampot (10€), desserts à 6€ ou 7€. Et même un Brie de Meaux fermier à la truffe qui l’a échappé belle (15€). La dame au chapeau vert engage la partie avec « chèvre crémeux de Tarascon à l’huile d’olive des Alpilles ». Amené entier dans une cassolette à crème brûlée, formidable huile d’olive, finement condimenté. Même si le pain n’est pas d’un boulanger du coin (un pain congelé industriel correct), Mauricette s’est régalée, elle qui est toujours blasée de tout, même d’elle-même parfois, c’est vous dire. 14/20 pour 7€. Je tenais absolument à tâter du cuisiné: « arancini aux cèpes, concassée de tomates ». Super. Sept bien rangés dans une petite mais suffisante assiette creuse. Souvent l’arancini au restaurant est fagoté par un cuisinier dont la grand-mère est sicilienne, c’est elle qui me l’a appris, c’est les meilleurs. Alors qu’en vérité il s’agit d’un étouffe-chrétien bourré de riz trop cuit et de petits pois en conserve mais on se tait: il est susceptible.

Ici, le contenu des boules est fin et parfumé, délicat. Remarquable coulis de tomate, un peu compoté, fruité. Etonnant. 14,5/20 et 12€. Ben dis donc. Pas de Brie de Meaux truffé (j’ai failli) mais une plus sage « crème au caramel de nos Grands-Mères ». Lesquelles? La mienne faisait des arancinis! Ahahah! Un peu de sérieux: un grand verre rustique, contenu pas mal, caramel liquide au fond. 14/20 et 6€. Voilà. Le nouveau proprio serait le teneur du « Bistrot Mogador », restaurant voisin dans les beaux murs du Château d’Estoublon. Ça explique peut-être les discrètes fulgurances glissées dans certains mets. Mais on regrette quand même l’assourdissante absence de propositions de vin au verre. Ça la fout un peu mal dans un tel lieu.