Campanile Pont De L’Arc

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Aucune raison d’éviter ce genre d’établissement de chaine, il bénéficie parfois du même code APE que les petits restaurants indépendants.

Ne pas y tremper la moustache de temps à autre pour s’imprégner des tendances du marché, ne pas renifler ce que les as du marketing ont cogité s’apparente au déni de réalité pour un cobaye. Accueil hôtelier dans les standards codifiés, plus loin la salle de restaurant avec deux serveurs ou assimilés habillés en marinière. A l’instar des usines à bouffe asiatiques, ils ne servent qu’à prendre la commande du client et à retirer les assiettes, après. Pour ce qui est du strict alimentaire Albert, uniquement des buffets y compris pour le chaud. C’est pratique le buffet: non seulement on se débarrasse des serveurs qui coûtent cher, mais aussi des cuisiniers qui coûtent cher. Plus de personnel: le rêve approche à grands pas. Si on pouvait même dégager les clients, ça serait le top: leur argent nous suffit! Bref! J’ai opté pour la formule à 19,95€.

Avec le « buffet d’entrées ». De loin quand on est sagement assis à table, l’étalage est joliment éclairé, chaleureux, donne envie avec ses couleurs chaudes savamment étudiées, son abondance possible à portée de fourchette. Plus j’avance, plus je frémis: charcuteries carbonisées par le froid dont un jambon cru trop sec avec des points blancs de sel, rillettes sans risette, ratatouille froide monochrome, pizza crispée sans gout, cake étouffant, tomates du jour lisses, radis ronds astiqués, plein de sauces dans plein de pots, carottes râpées compactées dans leur jus de conservation. Ils datent de Mathusalem!.. les bâtonnets de carottes comme ceux qu’on trempe dans l’anchoïade. Secs, racornis, rabougris dans leur traumatisme de froid violent et d’usure du temps. Question à la direction de l’établissement: vous mangez ici? 6/20 pour ce buffet révoltant. Le « buffet chaud »: 5 possibilités dans lesquelles plonge le client. Le mirage de l’abondance. Poulet au citron, filet de saumon rôti sauce à l’aneth, porc à la coriandre, tomate rôtie, spaghetti à l’huile d’olive. Les cocottes maintiennent au tiède.

J’ai soulevé le couvercle du saumon, ça sent terriblement mauvais, comme du plastique fondu. Poisson desséché, triste, des filets amoncelés pâles et pas du tout rôtis. Le porc à la coriandre baigne dans l’huile, des petits bouts parfois gras, parfois trop secs. Spaghetti excessivement cuits et non salés. Tomate crue chaude. Et poulet en deux versions: filets émincés archi-secs, cuisse un peu rôties qu’on ne peut pas saisir sans que la chair se délite! Volatile trop cuit et de mauvaise qualité! Sans entrer dans les détails (le saumon mérite le 1/20) faisons moyenne avec un 5/20 grâce au porc. Une restauration industrielle sous des aspects de restauration traditionnelle, le présent qu’on nous assène comme l’étendard d’un avenir glorieux d’un monde qu’on nous promet.