Brasserie Belge

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Pas foule non plus, mais du monde.

Je reste planté un court moment trop long quand même sur le quai devant deux palettes de patates stockées dans le restaurant. Le jeune homme: « oui? ». Quand il comprend que je voudrais bien manger un bout s’il vous plait et pas lui vendre un extincteur ou une encyclopédie sur les papillons, il me propose enfin de m’installer où je veux. Alors je suis allé au coin, là-bas, au bout. Table 119. J’y ai attendu 35 minutes. Sans eau. Malgré les chaleurs caniculaires. La capacité de quelques restaurateurs à ne pas se mettre à la place du client me surprendra toujours. Bref: j’ai attendu. Jusqu’à que la dame de la direction vienne chercher je ne sais quoi dans sa réserve à côté de laquelle je suis assis. Elle me regarde un peu bizarre, main sur la poignée, entre sourire et gêne: « on s’occupe de vous? ». Mon calvaire s’arrête presque là. Alors enfin, le jeune m’apporte la carte. Trois salades, quatre burgers dès 13,90€, entrecôte 24€, escalope milanaise avec des frites à 15,90€ (je serais curieux de voir son pif), fish and chips à 16,90€ et brochettes de crevettes Arlette. Non: c’est moi qui dit « Arlette », j’avais envie.

Mais aussi des spécialités belges dont le filet américain, la carbonade flamande maison à 19,90€ quand même. Et puis pour tâter le terrain, une formule plat+boisson le midi en semaine à 11,90€ avec 4 propositions dont « deux fricadelles (maison Mora) avec frites belges maison ». Elles sont bonnes, généreuses, cuites à la graisse de bœuf ce qui vous évitera de gober les additifs glissés dans l’huile de friture habituelle. Deux sauces « Made in Amora » ou dans le genre, mayo et une autre épicée. C’est quand même ballot de dégainer l’argument « maison » pour des frites et de refiler des sauces industrielles. Enfin bon. Et puis les deux fricadelles. C’est quoi, les fricadelles? Comment dire. Bah… on peut pas tellement expliquer… sinon une grosse saucisse vaguement panée avec du gras haché comme une knackies mais en gris, poulet et porc selon la maison Mora, fournisseur.

Les cuisines et le comptoir sont à 20 mètres de ma table. Le serveur est poilant de désorganisation parfaite. Il oublie la moitié des trucs pourtant demandés en même temps. Tu m’étonnes que c’est long à venir. Il amène le plat, puis repart. La bière puis repart. La moutarde puis repart. Le pot d’eau puis repart. Mais pas de pain. De toute façon vu le plat roboratif à souhait, pas besoin. Bref! L’assiette folklo peu intéressante: 11/20. Digestion chaotique, faudra que la direction vérifie la température des frigos. Une organisation à la gauloise dans un restaurant belge, Goscinny et Uderzo doivent se marrer. Quelques bières pression, plus d’une vingtaine de belges en bouteille au tarif unique: 5,90€. Voilà la belle affaire de la « Brasserie Belge ». Dommage pour le reste. Table moyenne, pour être accommodant.