Bistrot Mimi

0.5

Accueil impeccable, d’une droiture qui sue l’académisme, mais dans des limites de légèreté qu’on apprécie.

Ça commençait donc plutôt bien pour le remplaçant du précédent, l’ex-Vinoneo situé au pied de l’Hôtel-Dieu, amen. La jeunesse, j’aime quand elle prend le pouvoir, réveille le train-train des blasés de la tambouille dont je suis alors que j’attends mon repas quotidien du midi comme le Grand Soir. L’ardoise annonce la philosophie tarifaire: 14€ le plat du jour: une saucisse italienne avec purée, 19€ la formule avec dessert+café. Bing. Comme souvent je déserte la terrasse pour l’intérieur. Déco entre brasserie parisienne et bistrot bien élevé. Ma bouteille d’eau est grasse à l’extérieur, tapissée de traces de doigts.

A l’explication de son ardoise, le serveur-patron s’enthousiasme à chaque plat. 4 entrées de 12€ à 14€, 4 plats de 17€ à 22€, desserts 7€. Fallait voir le gars me pousser sur la « pêche du jour » à 22€! C’est à cet instant que j’ai reniflé le Loulou: « filet de sar sauce ail et persil »! Autant dire la sauce chimichurri, ce qu’il me confirme. Elle agit comme un défoliant sur tout ce qu’elle touche! Adaptée au poisson banal, mais qui sur la fragile chair du sar est une aberration, mon petit poisson de Méditerranée préféré. Surtout pour 22€. A de tels tarifs, faut un cuisinier qui assure. Je veux en avoir le cœur net. Alors comme entrée « beignets fleurs de courgettes ». Ils sont trois. Avec un quart de citron découpé avec un couteau sale. Sur les beignets, faut sérieusement jouer de la salière. Posés sur un lit de roquette sans assaisonnement non plus mais avec des rondelles de radis et des graines de grenade. Le fruit. Un tarif explosif pour ce truc un peu miséreux qui renvoie le coeff’ des sushis au rang d’amateurs. 9/20 et 12€. Le plat. A y est! J’ai compris: la direction se fout du monde!

Le « risotto aux asperges »? Un plâtras de maçon, aucune maîtrise de la cuisson, aucun assaisonnement sinon les morceaux de parmesan. Absence intégrale de délicatesse. Quatre burlesques têtes d’asperges vertes et dures plantées droites comme des piquets: le seul moment excitant de la situation. Quatre, ça laisse rêveur, ou rêveuse. 17€ la bouillie pour 9/20. Le jeune patron est sur son écran pendant le service, le pain serait bon s’il n’était coupé trop tôt et donc sec. J’apprends qu’un jeune cuisinier de talent serait aux fourneaux, j’inscris ici son nom mais je doute de sa présence ce jour. Sauf si comme beaucoup de jeunes, il ne goute pas ses préparations, façon émission « top chef »: tout pour la photo. Bref! Plus de 30€ un midi, il y a beaucoup mieux à faire dans le coin.