Non mais c'est pas mal. Mais allez comprendre pourquoi, il manque le petit truc vous voyez, le petit plus, le machin quoi. Non? Voyez pas? Il manque ce petit quelque chose, ce petit rien qui empêche la sauce de prendre, le soufflé de monter. Entrée du jour, plat du jour, dessert et 1/4 de vin. Ah tiens? Une table d'hôte là-bas! Je veux dire une table plus grande que les autres. Le coup de poker: soit le voisin est adorable, soit c'est le ronchon grincheux qui n'avait plus de place à une table conventionnelle et qui pour bien marquer son territoire flanque son journal sous votre nez et son coude dans les côtes. Bref! Je débute par une petite "pizza lardons fromage", sorte de tartine de 20 par 10 centimètres tiédasse que rien qu'à regarder avant de boulotter on se dit "dommage". 11/20. A suivre, trois "filets de rouget" cuits délicatement, trois galettes de pomme de terre: voilà le bon! L'alibi régime est de trop: la cuillère de courgette à l'eau et l'huile d'olive qui remplit le fond de l'assiette. Manque une fois encore ce petit rien, le signe qui scellerait une volonté de donner envie au client. 12/20. A la table voisine, deux coutumiers des lieux bénéficient chacun de quatre filets de rouget au lieu de trois. Je me disais qu'ils connaissaient le patron jusqu'à que je remarque qu'ils attendront un bon moment leur vin, puis leur eau, puis leur pain. Le café j'en sais rien: je suis parti avant eux! Desserts classiques: tiramisu, crème caramel ou fromage blanc. Mon copieux "tiramisu" sort direct du frigo, trop froid, crémeux à cœur mais sans puissance de café. Encore un poil à côté du vrai 12/20. Service plein de bonne volonté mais largué par instant, et à mémoire défaillante. Bonne ambiance le midi, clientèle composée d'habitués qui tolèrent le côté approximatif et bonne franquette: il a son charme! |