C'est rigolo. Beaucoup de monde. Ils sont six à servir, à s'occuper de toutes les tables, en même temps, à se marcher sur les plate-bandes. Alors c'est la pagaille comme j'ai rarement vu. Seul réellement impliqué, le patron donne des ordres à des jeunes, qui les redonnent aux apprentis. La grande chaîne de la non-solidarité. Question sourire, personne (à part le patron...) ne fait le moindre effort et se cantonne dans une sorte d'anti-plaisir dans la fonction. Les seules fois où on m'aura fait un semblant de risette: le 4ème des 4 serveurs qui viendront par deux fois chacun me demander où en est ma commande. "Ah bon ben si c'est fait alors...". Il fera faire l'aller-retour à l'ardoise entre ma chaise en face et le coin. Sourires crispés, mais sourires quand même. On prend au point où on en est. Plein de monde donc, et organisation du service complètement inexistante, "à l'arrache". Dommage mes cocos car un cuisinier est aux manettes! L'idée du midi est simple: de grandes assiettes de 12 € à 17 €. Assiettes généreuses qui flirtent avec le style "assiette-repas". Par exemple, j'ai pris une "gratinée de St-Jacques et gambas". Plat qui serait une des spécialités de la maison selon un des serveurs attitrés, pas mal finalement. Je cause du serveur. Mais plat bien, aussi. Assiette livrée avec un mesclun extra, certainement pas donné chez le fournisseur mais ça en vaut la peine. Deux cressins, du parmesan, une vinaigrette parcimonieuse au balsamique, très bien. La gratinée pêche par le côté chamallow des St-Jacques trop cuites, mais s'en tire bien. Un 14/20 pour l'ensemble tarifé 15 €, quand même. 5 € pour une "assiette de fromage" avec mesclun, beurre, bleu de Bresse, talon de bûchette de chèvre et emmenthal. Le café Henri Blanc, étonnamment bon, vient conclure le moment très bruyant. C'est affolant autant de bruit dans un restaurant. A tel point qu'on ne peut rien faire, ni lire, ni écouter les voisins, ni apprécier ce qu'on mange. Pour se préserver les nerfs, faut juste se murer dans ses cheveux en mâchouillant comme on va à la mine, les yeux dans le vague et en rêvant du concerto pour clarinette de Mozart dans son canapé. Et puis pour payer, faut aller faire la queue, comme à l'usine. Regrettable car pour une fois qu'une brasserie planque un vrai cuisinier... |