 Quelle époque on vit! Vous avez remarqué aujourd'hui comme la célébrité précède l'exploit? Des tables s'exhibent fièrement alors que ya vraiment pas de quoi! D'autres se planquent à l'arrière, préférant négliger une rapide popularité contre une fréquentation plus aléatoire... et aussi plus naturelle. La table de Stéphane Iaria et d'Emeline Olive est un peu entre les deux. Une des rares enclaves de Bandol où qualité rime avec quantité, même l'été. Début 2011: remodelage de la structure de travail! Cadre contemporain et marqué par de vives couleurs bien dans l'air du temps, mobilier confortable. Mauricette qui aurait pu en général être femme de colonel résumera le doigt sur la couture de sa robe datant de Napoléon III, la cuisine de la maison. Provençal terrien et maritime, méditerranée italienne, Asie du Sud-Est. Le tout avec un remarquable à-propos, sans touffu ni brouillage des genres, d'harmonieuses transversales "fusion". Une réussite! Le mélange des genres nuit si souvent au genre! La dame au chapeau vert et aux idées pas toujours claires entame par le "tataki de saumon aux épices cajun", superbe.  Car en plus, les assiettes sont belles. Les morceaux fins de saumons gros comme des makis peuvent se manger avec les doigts, pourquoi pas. 15,5/20. Elle poursuit avec un "wok de bœuf à la coriandre et légumes croquants" aux belles couleurs, relevé et pimenté dans un parfait équilibre. Ça change des woks d'usine carbonisés que nous font gober les sérial-vendeurs des grandes surfaces de la malbouffe asiatique! Second 15,5/20. Moi, "millefeuille de légumes confit au chèvre et à la ricotta" qui chante l'Italie, parfait dans sa sage circularité, 15/20. Le chef a décidément beaucoup de cordes à sa toque! Vous gouterez si ça vous chante le "saltimbocca de rougets à la sauge et jambon cru de Parme". Exit le veau pour le rouget! En garniture de gala, une tartelette de fèves qui chante la méditerranée. Enthousiasmant! 15,5/20 sans la moindre retenue! Alors que je finis (presque) sagement sur un "café gourmand" à 15/20 très "chocolat", Mauricette s'enfile derrière sa médaille de baptême un "tiramisu aux sablés bretons et caramel au beurre salé" qui lui arrachera une sorte de cri strident très bref qu'aucun animal n'a jamais fait. 15,5/20. Service extra et à l'aise dans ses baskets. St-Véran, St-Estèphe, Châteauneuf du Pape... Maison ambitieuse et qui s'en donne les moyens. A fréquenter de préférence hors-saison, et le reste du temps. |