Terre De Vignes

0

Des successeurs au couple alsacien qui nous régala avec Mauricette voilà une dizaine d’années.

Partis, retraite méritée etc. Les spécialités alsaciennes ne sont plus, ce qui n’est pas tellement gênant, sauf pour les nostalgiques du « c’était mieux avant ». Je préfère me satisfaire du présent et du surprenant! Pour une surprise, c’est une surprise! Quelle déception! Dehors, c’est triste comme un sapin de Noël qui se déplume en mode fin de parcours. Tables extérieures non dressées, plantes au moral dans les chaussettes: seule la porte ouverte prouve l’établissement disponible au public. Et aussi, le plat du jour affiché « spaghetti carbonara ». Bon sang. J’y vais ou pas?.. allez: j’y vais.

Dedans c’est la pagaille, chaises empilées, devant le bar-caisse un coin bureau accumule paperasse des trucs et des machins, tables à moitié dressées sans verres et avec des sets en papier bas de gamme. Au fond, 3 clients attablés dans la pénombre, bonjour tristesse. J’ai attendu un bon moment debout comme un flamand rose, mais en chauve du crâne et sur des pattes velues. Le monsieur est arrivé dans une jovialité surjouée amusante, un peu comme le pharmacien vous amène une boite d’anxiolytique. Pendant 5 minutes il parlera beaucoup. Carte des plats en main, il explique (j’ai respecté les fautes par respect pour l’auteur): « alors comme on est jeudi et qu’on est fermé le mercredi, j’ai pas la « tourte », ni les « sèches à l’armoricaine façon normande », ni l' »agneaux de sept heures » ni les « spaghetti bolognaise ». Et puis il est parti. Ensuite une charmante dame blonde arrive carnet et stylo en main pour prendre commande: rien compris. Enfin si. J’ai compris qu’elle ne parle pas français et qu’elle me demande si je « speak english ». Impossible d’avoir des explications sur les garnitures du « confit de canard et ses accompagnements ». Le patron qui repassait par là confirme: « ouai comme des sarladaises ou presque et de la salade et des poivrons ». En 3 minutes arrive l’assiette. Salade qui se frotte aux patates achetées sous-vide et un peu cuisinées mais pas du tout « sarladaises ». Et un confit tiède qui a furtivement vu la poêle mais elle était tiède aussi.

Gras comme du phoque mais en canard. 50% de blanc avec peau lourde et molle. Dans le Top 5 des déplorables confits gobés par votre serviteur. Pour mémoire, le 1er du classement était chauffé au micro-onde (2008, Sausset-les-Pins (13)). La note de 7/20 est méritée, contrairement au prix payé par le gogo de client: 18€. Desserts à 7€, j’abandonne. Café infect, comme de la réchauffe: 2€. Travail (très) amateur, faudrait apprendre la cuisine avant de la réaliser, même sous l’honorable prétexte « je fais comme à la maison avec les amis ». A de tels tarifs vu le niveau, les amis ne le restent jamais longtemps.