Sapori Di Napoli

1.5

A gauche, épicerie colorée aux belles vitrines gorgées de produits italiens: pasta, fromages, charcuteries et tutti quanti.

Ça aguiche. A droite, tables au coude à coude. Niveau décibel, c’est épuisant. Pour nous causer avec Mauricette, fallait brailler comme des supporters avinés. On se concentre quand l’aimable serveuse déroule l’ardoise, heureusement qu’elle a des mains pour expliquer. On ne la verra plus de tout le service, dommage. Remplacée par un énervé pénible, un remuant désordonné, un stressé sans raison dont on comprend à peine la moitié de ce qu’il braille dans le chahut général. Formule à 15€, entrée et plat. Comme elle avait zieuté les vitrines, la dame au chapeau vert excitée comme une puce vise « mozza panée ». Un lit de mélange de salade écrasée par une sorte de galette marron à l’odeur de friture dure comme du plastique. Vendre 7€ un truc pareil qui vous plombe l’estomac est culotté, surtout quand des mozzas de qualité miroitent en vitrine. 6/20.

Le cuisinier se rattrape avec ses « linguines aux cèpes ». Cèpes frais, pâtes bien cuites, sauce qui peine un peu à monter dans les tours. Après la calamiteuse entrée, n’importe quel plat aurait le prix Nobel de cuisine. 13/20. De mon côté, entrée tonique avec « carpaccio de poulpe ». Malin: le poulpe encore congelé est débité en belles lamelles, à la mandoline. Pas l’instrument de musique napolitain, le découpe-légumes. Préparation motivée par le citron et l’huile d’olive, bien vu! 13/20! J’avais pas encore terminé mon assiette que le serveur énervé amène mon plat. Allez hop! On déblaie! Je l’ai regardé du blanc de l’œil un peu jaune pendant que Mauricette pouffait dans sa serviette: pas dégonflé, il bouscule mon entrée pas finie, le pain et la salière pour poser le plat. Balèze! On ne me l’avait jamais faite celle-là! Bref!

Une calamité peut en cacher une autre: « pâte du chef: calamars, artichaut, petits pois ». L’agité serveur m’avait dit « ce sont des pennes ». M’arrivent des linguines trop cuites, comme restée dans l’eau. Sauce terne, pas intéressante. Concentré de tomates, tomates-cerises, petits pois en conserve et aucun artichaut à l’horizon. Pas un travail de cuisinier italien, pas de poêle. Déception: 8/20. Allez hop, on dégage, j’en peux plus. Faut insister pour avoir la note, on vous en refile une sans détails « justificatif non valable pour encaissement ». Prestation cynique qui envoie la purée d’un folklo gondolier à fond les manivelles, service malpoli, tableaux pendus au mur en l’honneur du patron érudit de la médiatisation, ça fait beaucoup trop dans la boite à défauts pour adouber.