Riviera III

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RIVIERA III restaurant à SIX-FOURS - Le Bouche à OreilleVous le savez (ou pas), en hiver le Brusc est moins fréquenté que les Champs-Elysées. Peu de touristes en goguette sur le charmant port, les restaurateurs les plus courageux se triturent les méninges pour rameuter le chaland. Ouvert à l’année, Sara et Pierre Lorin ont trouvé une formidable solution dont devraient s’inspirer la profession: régaler l’assistance en pratiquant une « cuisine cousue-faim » comme dit Mauricette. Avec ses gros doigts boudinés, elle compte les clients de ce midi d’hiver. Une vingtaine pour moins de 30 places, toutes générations mêlées, dans ce qui n’est qu’un cabanon de pêcheurs aménagé en joli restaurant adossé aux vents dominants, Gaétan. Le « Riviera III » n’entre donc pas dans le cadre d’un référencement « Relais et Châteaux », ni en concurrence directe avec le Louis XV de Ducasse et je n’ai pas observé de voiturier pour la Renault 5 GTL de la dame au chapeau vert. Bref! La carte des vins tenue par Sara Guardiola est infiniment mieux chaloupée que celle de la plupart des étoilés, et la cuisine de Pierre Lorin n’a toujours pas réveillé la curiosité des guides prétendument sérieux. Allez comprendre. Car le menu à 32€ midi et soir (4 entrées, 4 plats et 4 desserts), il vous remue le citron, vous rencarde du côté du meilleur. Les légumes (maraicher Priolo en voisin) et les viandes de qualité y sont travaillés avec respect. Mauricette à la cuillère pour son « crémeux de châtaignes, écume de Parmesan ». Les chefs maladroits écœurent, ici une berceuse toute en rondeur fine: 15,5/20.

RIVIERA III restaurant à SIX-FOURS - Le Bouche à Oreille La « pêche du jour à la plancha, purée de patates douces et oignons frits » l’enchante. Qualité top niveau pour faire aimer le poisson, une portion de maigre de la maison « Omega 3 » à Sanary. Légumes travaillés, en prime une rigolote feuille de chou vert frit. Jus costaud, cuisson au cordeau. 16/20. Mon entrée! « Terrine du chef au foie gras et à l’Armagnac »! Accent rustique du sud-ouest, ses plats virils et sa truculence grassouillette. J’explique! Terrine cerclée et couches savoureuses: gelée fine, paleron confit, foie gras, déco utile. Bel ouvrage de cuisine bourgeoise nerveuse, dans l’air du temps. 16/20. Ma « pièce de bœuf braisée, crémeux de légumes anciens » fricote tout autant dans le cuisiné précis, jus court qui dégomme, fine purée épicée, un peu de légumes pour le croquant et les couleurs. Les assiettes restent chaudes, on ne se régale pas chronomètre en main! 16/20. Desserts de cuisinier à l’imagination obligée. Gourmande et délicate « tulipe à la brousse et aux marrons glacés » dans une version originale. Ce dessert, on le choisit pour se l’enfiler dans le toboggan sans retenue, se rappeler qu’on s’en rappelle. Une réussite à 15,5/20. Plus risqué, mon « nougat blanc en déclinaison ». J’avais un poil les chocottes, peur d’un sucré appuyé, du tapissage de glucose… pas du tout! Nougat de qualité, préparation crémée recouverte de fruits secs pour se faire aimer. 15,5/20. Cuisine maison plein fer, coquette salle aux places comptées tenue par la douce Sara Guardiola. Exemplaire d’harmonie et de simplicité. C’est douceur.

RIVIERA III restaurant à SIX-FOURS - Le Bouche à Oreille

CAVE À CIGARES – CARTE DE WHISKIES, COGNAC ET ARMAGNAC – OUVERT À L'ANNÉE – PETITE TERRASSE VUE MER