Resto Nono

0

Dans le genre peinard Marius, prendre à gauche comme pour aller voir les chevaux du centre équestre Pastré mais c’est plus loin.

A droite, bâtiment contemporain avec un théâtre équipé d’un endroit où l’on mange. Appelez ça un restaurant, c’est vous qui voyez. Certes, le lieu n’est pas aisé à exploiter vu que la hauteur sous plafond est celle d’un hangar à Tupolev dans son ambiance toute sibérienne courageusement agrémentée de guirlandes post « jour de l’an ». A propos d’ambiance, les trois tables présentes apprécieront les joyeux ébats entre deux gros chiens rigolos mais réciproquement très attachés, ouarf ôh toi. L’ardoise extérieure annonçait « escalope milanaise 12€ ». Celle de dedans déroule 4 entrées, 5 plats, 5 desserts. Plats entre 15€ (tartare) et 18€ (le burger).

Deux copines sexagénaires maquillées à la truelle et en manteau de fourrure sorties d’une 106 décapotable garée devant le portail arrivent par le site « La Fourchette ». La fausse blonde l’a seriné 3 fois au taulier: « j’ai 30%! J’ai 30%! J’ai 30% ». Bien peu discrètement dans leurs dégaines façon Duchesse machin et Comtesse truc. Bref! Rien d’étonnant à ce que les tarifs lus soient élevés: le gogo paye plein pot, et le client « La Fourchette » croit bénéficier d’une affaire. Sauf que c’est pas bon. Et quand c’est pas bon, c’est toujours trop cher. Le minimum de risque avec « escalope milanaise ». Une escalope décongelée à la friteuse, de mauvaises frites du même tonneau pâlottes d’un seul bain ensemencées d’herbes de Provence, une sous-mayo industrielle retravaillée façon corail que le taulier n’hésite pas à qualifier de « faite maison ».

Ce qui est vrai puisque le mélange de deux produits industriels est effectivement « fait maison ». Dormez tranquille, braves gens. Et continuez à acheter des remises imbéciles auprès de margoulins qui flinguent le métier de cuisinier! Si vous avez une remise au restaurant, ça sent souvent l’enfumade! Passons! Un peu de salade barbouillée de balsamique et hop! Voilà le travail pour 12€! 4/20! En dessert, la « verrine aux fruits rouges » est plus intéressante (c’est pas difficile). Dressée du jour, beaucoup de crème, trop de spéculos, trop de sucre et de toping rouge, trois groseilles pour la photo. 11/20. Le pain est bien, la carafe d’eau est garnie de calcaire au niveau du col, pas de café, non merci. Et je ne sur-joue pas ma déconvenue, ni ne fais de cinéma. J’ai toujours préféré le théâtre, c’est pour ça.