Resto Des Îles

1.5

Endroit cocasse, dans la pampa aubagnaise planquée derrière le musée de la Légion Étrangère.

Ah ça: faut connaitre… Un parking cabossé non entretenu, une bicoque en hauteur avec terrasse probablement agréable l’été, et des escaliers pour y arriver. « Bicoque » n’est pas usurpé, canisses, vélum, boiserie: tout est fait pour qu’on se croit dans les iles, Ile Maurice en particulier puisque la cuisine proposée y fait référence. Beaucoup de monde ce midi, et je pense que c’est exceptionnel. Personnel intégralement dépassé, le patron en plein conscience essaye de compenser par une débauche d’énergie en mots sympathiques pour décontracter le client qui attend qu’on s’occupe de lui.

Comme je déjeune seul contrairement à la grande majorité des autres clients, le taulier n’a rien trouvé de mieux que me foutre au milieu d’une table pour 10 sous un chauffage radiant infra-rouge qui me cramera la tonsure tout le repas, chaise coincée entre deux jeunes couples et leurs progénitures respectives. Tu vois Brandon, si tu manges pas tes frites, le méchant môssieur tout rouge va te faire des gros yeux. Bref. Vu ma tronche rouge-cerise, je pourrais toujours frimer en disant être parti en ouic-end au soleil du côté de Port-Louis. Bref! Vu que la carte n’est pas affichée à l’extérieur, on découvre une ardoise avec des entrées à 7€: samoussa, salade exotique, beignet aubergine, beignet poulet, beignet de pois chiche… histoire de faire le tour de l’idée, « assortiment varié » me va: 4 beignets et un samossa. Ce dernier est bon, relevé. Les beignets sont tous différents et un peu étouffants. Mais faits depuis pas longtemps. Ce qui peut expliquer les 45 minutes d’attente vu la foule. 13/20 pour 7€.

Plat choisi: curry de crevettes à l’aubergine ». Pas brillant. Le riz basmati est du jour comme le rougail, mais la préparation sauceuse un peu vieille. Petites crevettes avachies, bouts d’aubergines en purée. 12/20 pour 13€ quand même. Pas de boisson, pas de café vu que les prix ne sont pas affichés. J’aime pas les hold-up. La note est gribouillée sur un bout de papier et si on insiste pour avoir une note « normale », le patron pourrait se fâcher. Au bout d’un moment je constate être cerné de clients arrivés par Groupon. Certains ronchonnent car le choix de 15 plats pour la promo est réduit à 5 sur l’ardoise in situ. Il est probable qu’un seul imbécile paye ici son repas au prix « normal »: moi. Les autres clients venus par Groupon payeraient deux fois moins cher que ma pomme, donc. Cela dit, j’ai toujours préféré être un imbécile seul qu’un groupe intelligent à plusieurs.