Restaurant Garuda

2.5

Quand ce jour frais de décembre Mauricette a lu la formule du jour avec « couscous » sur l’ardoise devant l’entrée, elle s’est mise à chuinter le refrain de Al-Atlal de Oum Kalthoum tellement qu’elle était contente!

Mais c’est surtout sa danse du ventre qui a fait se poiler les moineaux. Bref! On pousse la porte les premiers pour le service du midi. Jolie salle avec cheminée allumée, mitoyenne d’une autre plus claire, estivale dans son esprit d’orangerie baroque bric et broc avec bar, photos du patron et de célébrités des années 80. Tandis que la dame nous installait dans la 1ère avec des mots gentils, par deux fois le patron a surgi comme Zébulon de derrière la porte des cuisines pour lui dire des trucs d’un ton sec. Ça ne lui a pas traversé l’esprit d’en profiter pour nous saluer, mais nous ne sommes que des clients. C’était pourtant une sacrée bonne occasion d’être poli. Enfin bon.

Madame nous explique le côté bicéphale de la cuisine d’ici: thaï et viandard. Au bout de son blabla, Mauricette lève le doigt pour parler à son tour: elle désire le plat du jour. Réponse kafkaïenne: « désolé, ya plus de plat du jour ». Pas un chat dans la taule, et un « couscous » déjà épuisé! Record du monde! Et aucun autre plat du jour pour le remplacer! Ce sont pourtant des choses qui se font! C’est là que vu les tarifs « à la carte » la dame au chapeau a pigé que sa digestion serait contrariée. Choix carné un peu chérot, mais la qualité semble au rendez-vous. La belle Aubrac, Wagyu, Angus USA, la modeuse Galice… On se recentre sur le côté thaï, pas donné non plus comparativement aux confrères du genre. 12€ nos « soupe de crevettes » et « soupe poulet coco ». La 1ère trop adoucie par le lait de coco est assez conforme. 4 crevettes et des légumes taillés avec précision, signature formelle d’un cuisinier thaï aux fourneaux. 14/20.

Plus en rondeur encore, la 2ème soupe. Mais le coco était souligné dans l’intitulé. 14/20. Les plats: « curry vert de poulet » un peu frustrant. Poulet mieux travaillé que de coutume chez les asiatiques mais légumes à l’ouest, même si c’est un plat d’Asie. Cœur de palmier, et haricots verts crus à peine décongelés. Ça fait court quand on connait notamment le rôle de l’aubergine dans cette cuisine. Absence de riz gluant sous prétexte que « les clients n’aiment pas ». Ensemble copieux. Pour 15€, manquerait plus d’avoir faim à la fin. 13/20. Le « curry rouge bœuf et crevettes » plait à la dame au chapeau vert, la sauce flatte. Louons encore ici la qualité de viande. 14/20 avec les mêmes frustrants « légumes ». L’addition svp! Nous avons levé le campement en ayant bien noté que le tableau annonçant le plat du jour était toujours là, devant l’entrée. Autrement dit, les moineaux riaient encore en regardant les pigeons.