Provence Plage

1.5

Face aux vagues.

Avant ça, faut faire le tour du bâtiment vide, arriver devant le bar, demander s’il est possible de manger un bout et là, on vous envoie devant la plage sous un vélum. Alors oui, le restaurant voisin est de même configuration. Sauf qu’il est rempli de clients, et ça papote, et ça chante même. Jamais si près n’aura paru si loin. J’ai fait l’inventaire des possibilités, elles sont peu nombreuses à tenir la route: contrairement à ici, le voisin a mis le chauffage dans son estanco. C’est encore ce qui est le plus pratique le chauffage, quand dehors il fait beaucoup moins que 10°C: ça évite de manger en anorak. Car nous sommes deux uniques clients probablement un peu idiots à manger engoncés dans nos anoraks. Comme si on avait garé nos traineaux devant.

Deux clients… plus un sympathique pigeon enfermé dans ce frigo vue mer avec nos pommes, qui picore des miettes au sol. On se les gèle. Pourtant la maison est bigrement équipée de chauffages modernes radians. Ils sont éteints. Faudrait demander, supplier peut-être. Sauf qu’on n’a pas envie de demander à être bien, ça tombe sous le sens. Le restaurateur devrait se mettre à la place de son client, un minimum. Je ne lui demande pas de manger ce qu’il sert à manger à ses clients, je ne lui veux aucun mal. Bref! Je sais (vous aussi) que je vais choisir un plat chaud. J’évite donc les nombreux tartares et carpaccio, mais j’ai vu des pâtes et des risottos entre 13€ et 16,5€, des viandes entre 15,5€ et 16,5€, des poissons et des moules avec même un filet de St-Pierre à l’hawaïenne, des tapas… Le plat du jour est annoncé oralement: « suprême de poulet à l’orientale » et il entre dans le cadre de la formule vendue 14,5€ avec dessert et café. Je prends.

Surprise! Assiette creuse et amenée chaude! Ah ben voilà une idée qu’elle est bonne! En plus son contenu est plus délicat que je le supposais. Pas d’épices orientales comme le ras el-hanout souvent défoliant quand le doigté est absent, un jus de viande, le suprême est un simple blanc tranché avec un os intégré qui n’est pas l’aile, la semoule et fine, raisins de Corinthe etc. 13/20. Le dessert est avoué « pas maison » par le serveur. Une « tarte fine aux pommes ». A l’œil, je peux faire la même à la maison. En bouche aussi. Passée au micro-onde, elle est molle comme un épisode de Derrick passé au ralenti. Un cerclage maladroit de pâte feuilletée avec de grossiers bouts de pommes, zigouigouis de caramel sur toute la superficie de l’assiette sauf au niveau d’autres zigouigouis au chocolat/topping. La Chantilly est dense et ferme, bien. Curieux. 10/20. Le pain est nullissime, de la baguette moulée pas chère de grande surface dont 50% des bouts sont secs, faut finir ceux de la veille. La bouteille d’eau est sale, prise du bout des doigts. Ça nous fait quand même une somme de détails navrants qui n’encouragent pas à supposer une éventuelle contre-visite.