Pizza Lizza

1.5

Avec sa petite vingtaine de chaises et des codes visuels qui me parlaient, j’y ai cru.

Bien sûr que le monsieur « old school » vous accueille chaussures noires cirées en habit de lumière de cuisinier garni de décorations avec du Bleu-Blanc-Rouge, m’enfin bon. Le profil se veut rassurant, en tout cas pour le traditionnaliste de la cuisine que je suis. Ça change des chefs en djin du guide Fooding. Mais voilà. Le cuisinier serveur pour la cause (une dame exécute en cuisine) est surtout un vendeur de folklore qui assène des balivernes. C’est bien connu: les clients, ils aiment qu’on leur raconte des histoires. Il commence par m’évoquer spontanément son passé glorieux et « les Compagnons du Tour de France des Toques Gourmandes ». Vous connaissez? Moins non plus. A ne surtout pas confondre avec « Les Compagnons du Devoir ». Bref!

Le type vous survend les plats force détails épuisants à écouter, cherchant en permanence à se justifier. Fatigant. D’autant que le résultat n’est vraiment pas à la hauteur du propos. Comme dit l’autre: « n’écoute pas ce que disent les gens, regarde ce qu’ils font ». Retour dans le passé avec une carte bavarde prometteuse avec des suppléments d’un autre temps, eux aussi. J’ai tenté (prenez votre souffle): « filets de harengs saur de l’Atlantique Nord sur un lit de pommes de terre tièdes et oignons blondis, les saveurs maritimes toutes douces, un délice de la mer!!!! ». Hébé! L’assiette jolie arrive un peu vide, rondelles pâlottes de patates alignées au cordeau. Génial: les filets dans l’huile sont amenés par la cuisinière dans une sorte de grande terrine avec un grand sourire. Pas la terrine, la cuisinière. Un service « au plat » rare au restaurant. Si le poisson tient la route, la patate sous vide est infecte. 12/20.

Plat viandard avec supplément de 3€ (reprenez votre souffle): « assiette du boucher, viande française, merlan, poire, bavette, le meilleur de la viande de bœuf avec une sauce travaillée « poivre » à notre façon, accompagnement plaisir de vacances ». Comprenne qui peut. Proposée avec des frites que je décline, préférant les sarladaises et une ratatouille. Ratatouille trop huileuse mais bonne, rondelles de patates poêlées desséchées du même tonneau que celles de mon entrée. Un drame. Les 400 grammes de viande promis par le vendeur de foire sont tombés à 150 grammes: aussi bien! Un morceau de bavette bleu pourtant trop dur. Et deux morceaux identiques blancs comme du veau, comme précuits. Sans doute la poire. La sauce fait passer, merci la sauce. 9/20. Pas de dessert, non merci. 19,90€ et un café demandé court servi allongé. Pain nul. Un gout de rance, en général.