Palawan

3.5

Une micro-terrasse dotée du décorum exotique idoine: restaurant philippin.

Dedans c’est comme un couloir avec la cuisine ouverte à droite et au fond, l’espace s’élargit un peu, ouf, on respire. Tables et chaises de camping avec des petits coussins, quand même. Le patron est accueillant, mais affiche un sens de l’optimisation trop poussé, comme un calcul permanent de la rentabilité, y compris gestuelle. En effet, il est particulièrement directif: asseyez-vous là! Des fois que je prendrais une table de 8 pour moi tout seul. Pas d’ardoise pédagogique pour les nombreux plats, prise directe de la commande. La pratique évite un aller-retour au serveur.  Ça flingue un peu le romantisme de la réflexion, le coup du serveur au garde à vous avec son carnet et son stylo qui attend, allez hop, on se dépêche.

Et puis avec 3 entrées, 3 plats et 3 desserts à raconter de vive voix et dans le détail, même le taulier s’emmêle les pinceaux vu qu’il fait d’autres choses en même temps comme placer les clients qui arrivent. Bref! J’ai choisi le menu à 14€ du midi et de toute façon, on ne m’a pas laissé le choix. Prends ce qu’on te dit et tais-toi. Donc: « raviolis de poulet », ils sont deux. Croustillants et pas gras du tout mais froids à cœur. Posés pour faire joli dans un panier en bambou utilisé généralement pour la cuisson vapeur. Avec un tas de bricoles légumières émincées, chou, oignons, soja…et sauce pimentée rouge! 13/20 car un peu court. Plat généreux: « poulet grillé sauce vinaigre pimenté »… si j’ai bien compris. Une cuisse entière (un peu) grillée, le ramequin avec la sauce de caractère, quelques bouts de légumes et un excellent riz, presque collant. 14,5/20.

Tirée au sort, la « salade de fruits ». Très petite, mais avec une dizaine de gros morceaux. Cubes d’ananas, cubes de mangue pas mûre, et 3 bouts de rondelles d’agrumes avec peau. Vous mangez la peau des citrons et des oranges vous? Moi non. Ça doit aller plus vite à faire. 10/20. Le repas sera bouclé en 35 minutes et je n’étais pas seul dans le restaurant. Reconnaissons la qualité de cette cuisine philippine interprétée à l’occidentale (difficile de faire manger aux occidentaux des œufs de cane avec embryon bouilli). Cuisine qui bifurque parfois dans des accents thaï et cambodgien. Dommage, ce côté usine à volume, mais en même temps, les tarifs sont corrects alors bon. Et pour une fois qu’un restaurant n’augmente pas ses tarifs pour faire des fausses remises Groupon pour les gogos…