O Beauvin

2.5

Dans cette zone commerciale qui s’étale en bouchant les trous de ce que fut la campagne allaudienne, les immeubles commerciaux poussent comme des champignons, et voguent les adresses, ça s’en va et ça revient, c’est fait de tous petits riens.

La patronne est ici en salle, sourit bien peu au début mais s’avère à chaque contact obligé (elle est condamnée à amener les assiettes) de plus en plus aimable, comme s’il lui fallait s’échauffer, un peu comme les joueurs de l’OM ou Benjamin Clafoutis champion du monde de dénoyautage de cerises. Bref. Des habitués avec la bise, une ambiance à la marseillaise avec la télé, y compris dans les propositions de l’ardoise: encornets persillés, entrecôte et gambas flambées au programme mais pas que. Et puis une formule du jour séduisante avec un plat cuisiné « Parmentier de cabillaud ».

On ne peut pas donner de meilleur signe d’une volonté de bien faire! Parmentier cerclé gourmand, et une avalanche de petites bricoles comme des accras de morue, des poireaux vinaigrette, des tomates grappe confites et un petit beurre citronné sur l’ensemble. Le côté foire à la débrouille fonctionne en plein et j’étais joyeux comme un chercheur d’or ne s’attendant pas à trouver une pépite aujourd’hui: j’ai dégainé mon 15/20. Du coup, quand la taulière me proclame l’air très sérieux que la « tarte au citron meringuée » est maison, je suis dans une telle confiance que je fonce tête baissée.

Je me fracasse l’illusion sur une tarte au citron meringuée industrielle, sucrée comme un conclave de loukoums diabétiques. Je serais même satisfait du café Henri Blanc rinceur de gosier traumatisé, c’est vous dire le glucose. Pourquoi raconter des sornettes au client? Je prenais autre chose sinon. M’enfin quand même, c’est d’un ridicule… 6/20. Félicitons donc le cuisinier seul aux fourneaux et qui forcément, ne peut donc pas tout faire. Et vilipendons la direction qui raconte des histoires. Et c’est bien regrettable.