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Cette critique n'est (peut-être!) plus d’actualité!

Miss Hokusai

C’est le problème quand on se trimballe comme moi une dégaine de VRP des années 70.

Vous savez, un peu la dégaine de Jacques Brel alias François Pignon, VRP en chemises dans le film « L’Emmerdeur » en 1973. Ben voilà, tout pareil. J’explique. J’entre. De derrière le comptoir de son restaurant asiatique, le taulier asiatique me jette un regard asiatique sévère doublé d’un « oui? » sec interrogatif. Me sentant un peu agressé, je lui réponds « c’est juste pour manger ». Un court soupir d’aise puis dans la foulée, il braille pour appeler sa femme en cuisine, histoire qu’elle vienne en salle accueillir le client. C’est vrai quoi. C’est quand même pas des manières. Pfff… La carte est remplie de fautes, et longue comme celle d’un restaurant chinois ou vietnamien. Qui comme beaucoup qui pratiquent l’art de la calculette, propose des sushis riches en coeff’. Faut bien vivre. Mais passons.

Je vise le menu du midi à 16,90€. Un mix sino-japonais qui me séduit. Avec « nem 2 piece ». Pas gros mais bons et surtout pas gras. Sauce aigre-doux à part. Grosse feuille de salade, pas de menthe. 14/20. Ça se gâte avec « sushi 6 piece ». C’est gentil: ils sont 7! 4 californias avec bouts de concombre et saumon mal taillés, 2 makis avec bout de navet orange cru. Ça innove dur, c’est le cas de le dire. Et un sushi saumon mal taillé ici encore, badigeonné de soja sucré. 11/20. Et puis la blague du plat qui suit. Le menu annonce « teppanyaki bœuf 200g ». Une technique culinaire de cuisson japonaise, au grill. Mais non. Yapa teppanyaki. Remplacé ipso facto par « trois crevettes ». Elle est bien gentille la dame, mais c’est court de l’info. Non seulement on change ton plat, mais le côté « tu manges ce qu’on te donne » est assommant. Sous mon insistance, elle ajoute « avec une sauce chinoise ». C’est pas mon jour, mais pas le sien non plus, du coup. Trois crevettes de série Z trop cuites et farineuses, qui trempent sagement dans une sauce soja avec un peu de cébette. Le riz blanc à côté est fade. Et je peux pas le tremper avec la sauce, elle n’est pas bonne. Misère! 5/20.

Blague finale: les desserts de mon menu n’existent plus. On vous refourgue les desserts du menu à 13,90€. Ben voyons. La dame propose une « panacotta » qu’elle me dit. M’arrive une sorte de glace avec des perles dans une crème, avec une autre crème aux fruits de la passion. Un machin industriel sorti du congél’ et démoulé « minute »: 8/20. Sinon, magnifique déco de bois blond massif et classieux, même si c’est la pagaille dans les coins et derrière le bar. Une critique bien secondaire, rapport à l’alimentaire.