Mirage

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Contexte plagiste de Riviera italienne « hors-saison », puisque Mauricette voulait voir la mer alors on a vu la mer.

Mais je te préviens, je ne rentre pas à la maison sans avoir mangé une bonne pizza avant la frontière italienne au retour. La 1ère des taules rencontrées le long de la plage sera la bonne! Enfin: façon de parler! On ne se souvient pas vraiment avoir mangé une aussi mauvaise pizza. Paf: « pizza au feu de bois » qu’il est écrit! Vous imaginez la bonne odeur vous aussi? On a même cru à une caméra cachée tant la fumisterie était intégrale. L’intérieur rassurait pourtant un peu dans l’esprit et ses couleurs chaleureuses où le set papier est de mise. Quelques marches pour atteindre la terrasse fermée qui donne sur la plage: pour nous seuls! Personne d’autre! Tu m’étonnes Simone! On aurait dû se méfier quand on a observé la terrasse bondée de l’établissement voisin où des gens rigolaient. Je croyais naïvement que l’objet de la moquerie était le chapeau vert de Mauricette aussi discret que le phare de Chassiron de l’ile d’Oléron.

Que nenni, on a compris en se mettant nos crapuleuses pizzas dans le caisson. Elles sont infectes. Pâte fine non levée et très dure, dessus des produits de quinzième catégories en quantité très limitées. A côté les pizzas Vivagel méritent le prix Nobel de cuisine. On a préféré en rire d’autant qu’elles ne sont pas du tout cuites au feu de bois comme annoncé! Mauricette s’étouffe de rire avec sa « pizza aux fruits de mer » avec plus de coquilles de moules et de palourdes que de chair. Ma pomme avec la « pizza du pizzaïolo »: concentré de tomate, mozza dure, transpireux chorizo et jambon sortis du cellophane, gorgonzola et ricotta et épinard. 5/20 pour 11€ chacune, record del mondooo! J’ai voulu voir jusqu’où la maison poussait le bouchon un peu loin en commandant une « escalope milanaise ». Un rectangle marron décongelé dans une friteuse, viande reconstituée infâme qui fait vraiment peur. Surtout quand on imagine qu’un voyou industriel a pensé un jour à fabriquer ce truc ignoble.

A ma demande de choix de garniture, j’ai souhaité des petits artichauts émincés. Crus, et froids. Je n’ai mangé que le légume nature, non avec un certain plaisir de non traficotage de produit transformé. Artichauts qui évitent à la boutique le « 0000 ». 6/20 pour 9€. Pain blanc crapuleux, sous-baguette moulée en caoutchouc comme un nunchaku. Aussi curieux que ça puisse paraitre, la direction accepte la CB et même, émet un ticket de caisse. Ce qui s’avèrera presque exceptionnel lors de notre virée italienne. Bref! On n’est sorti sans prendre de café, on a déambulé tête basse le long de la plage, un peu honteux de notre pioche tandis qu’ailleurs aux terrasses illuminées d’un soleil printanier, quelques élégantes dames en tailleur serré souriaient comme autant de Gina Lollobrigida à quelques messieurs en costumes se supposant un instant un instant seulement être des Marcello Mastroianni.