Mikdo

1.5

A peine entré dans cet établissement pratiquant l’art délicat du sushi en particulier, une odeur de frites vous saute à la gorge, et surtout à la chemise et au peu de cheveux qu’il me reste sur le caillou.

En plus d’un jeune cuisinier qui dit bonjour, la cuisine ouverte laisse pourtant apparaitre une hotte de beau gabarit, mais à l’arrêt. Une hotte pour la photo, en somme. Qui dort. La Hot d’Or comme dirait mon ami Rocco. Bref! On peut manger au sous-sol, pierres voutées. Ou au rez-de-chaussée sur des tabourets justement en face de la hotte, comme moi. J’aime bien manger, mais j’aime bien voir aussi, vous comprenez. La carte est plus finaude que les coutumiers sushis. En effet, quelques spécialités moins convenues pointent le nez: ramen au poulet ou aux gambas (soupe d’origine chinoise), omelette japonaise, et le rare shabu-shabu (sorte de fondue). Des woks, aussi. Bref!

Côté sushi? J’ai pris deux nigiri au saumon et deux nigiri au thon. On comprend vite que l’harmonie n’est pas dans le jeu. Le poisson en tranche trop fine n’a aucun gout, en particulier le thon vitreux. Le riz est du jour, mais la boule cabossée. Riz un peu dur, qui ne colle pas assez et intégralement exempté du gout du vinaigre, juste un peu, ça serait bien, je trouve. 11/20 pour 8€ les 4 pièces (boing). Une création pour creuser, comprendre: le « mikdo roll ». 8 rondelles d’un california, roulé. Algue wakamé, cacahuète, oignon frit, le tout lardé de carpaccio de bœuf. Rigolo à voir, un peu moins à manger. Pas mauvais mais terriblement plat. La sauce soja sauve. Riz curieusement différent des nigiri, allez comprendre. 11,90€ et 11/20 encore. Le doute persiste alors encore. 6 californias « thon, cheese, gingembre, citron vert ». Travail pas vilain, sauf que le cuisinier a probablement oublié le citron vert. L’ensemble manque forcément de nerf. 11/20 pour 5,90€.

Du côté des bons points sinon l’ambition positive du jeune patron en salle, on vous sert de l’eau filtrée Ogapur sans supplément de prix. Bravo et merci. Pour l’assiette et les sushis en particulier, peu de fond de jeu malgré quelques créations. Les sushis « moyens » sont comme les macarons « moyens »: passe-partout et tristes. Origine des viandes: bœuf de Belgique, porc et poulet d’Espagne. Pour respecter un esprit de cuisine du monde, sans doute. En partant, je remarque un tableau avec les formules du midi qu’on ne ‘a pas proposée. Tout ceci apparait comme un tantinet brouillon et indécis.