Made In La Capte

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Avant, ça s’appelait « Le Ficus ». Je vous parle d’un temps où ce ficus poussait à l’intérieur du restaurant, beaucoup de charme.

Maintenant ça s’appelle comme c’est écrit juste au dessus, oui, là. C’est autre chose, plus dans l’air du temps. Soin apporté à la décoration, beaucoup de clarté, contemporain, bien refait. J’ai un peu serré les fesses en zieutant l’ardoise devant la porte: 6 entrées entre 12€ et 18€, et 8 plats de 17€ à 23€… ça rigole pas en nombre de plats… comme en tarifs. Cela dit, le cuisinier a du répondant.

Mise en bouche amenée, des rillettes: 2 quenelles de thon ou sardine (je sais plus) sur deux toasts, très joliment présentée. Rare dans un tel lieu où on imagine aisément les très sonorisées soirées plagistes mojito et bamboula Copacabana à tour de bras. Du coup Marylou, je me décontracte. Allez hop! Plat en direct: « côte de veau nourrie au beurre, sauce noix, shitake, roquette, pomme de terre grenaille, légumes ». Un alignement un tantinet médical dans le descriptif, mais à l’œil, c’est coloré comme une mélodie de Chico Buarque. Taille précise des légumes, flan de légumes remarquablement gourmand, les patates moins, la côte de veau est dans la moyenne et dessus, la sauce aux champignons fait le boulot. 20€ et 14,5/20.

Dessert pour voir, une discutable « mousse mangue et fraise » au gout et aux couleurs sucrés de l’enfance, trop peu du strict fruit qu’on attend pourtant à pleines gorgées en été. 14/20 et 8€. Le cuisinier-patron est un peu surmené, c’est la raison pour laquelle il m’est compliqué de vous en dire plus sur son cas même si j’apprend qu’il est passé par quelques maisons connues, d’où son désir de proposer des assiettes hautes en couleurs qui affichent une volonté de plaire, de style tropézien, façon Saint Barth’. En tout cas, le produit frais a la part belle à la carte. Pas si fréquent à Hyères, haut-lieu du piège à touristes et ici plus particulièrement, du piège à plagiste. Même si 28€ pour un midi de semaine est un peu chérot.