L’Olalpa

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Avec Mauricette, on ne s’attendait pas au miracle mais quand même.

Plein été, jour de marché dans le village, (au moins) 35°C à l’ombre. Les brumisateurs installés en terrasse sont un bel argument pour notre moral dans les chaussettes. Avec le recul, on aurait dû choisir le bistrot mitoyen qui propose des sandwichs. Enfin bon: c’est fait, c’est fait. On est entré au début du service, plutôt calme. Et puis tout s’est enchainé rapidement. Un cauchemar. On nous installe d’un coup de menton sur une table bancale, juste avant que nous tombe d’un coup dans les esgourdes un boucan de discothèque tropézienne pour ramollis du bulbe, puis les forains excédés feront vrombir leurs camions utilitaires en manœuvrant à 1 mètre de notre table pour déguerpir du marché au plus tôt, tandis que de bruyants touristes nous foutent leur sac à dos dans le pif vu qu’assis vous êtes au même niveau et enfin, la serveuse en chef se pointe avec un retentissant « je vous écoute » carnet et stylo au garde à vous pour prendre commande.

On a vite su qu’on ne ferait pas de vieux os ici. En plus, on les a déjà faits ailleurs, les vieux os. Bref! Le style alimentaire serait « Tex-Mex ». Pour faire court: de l’assemblage de produits approximatifs en sachet ou congelés, de la friture, du grill et du balsamique sur les salades. On s’est regardé dans les yeux comme pendant un film d’horreur et vu le contexte, on a évité la prise de risque inconsidérée. Faisons court avec le « bacon burger » et son pain industriel lamentable, un steak haché infiniment trop cuit mais c’est préférable d’un point de vue hygiéniste, salade, tomate, pas d’oignons comme prévu, du bacon (un peu), des sauces mélangées. A côté le plaisant coleslaw, et des frites décongelées de basse qualité. Mauvais goût, même si peu grasses. 7/20.

Mauricette a mangé aussi rapidement que Speedy Gonzales, « la souris la plus rapide de tout le Mexique ». « Plus vite je mange, plus vite c’est fini, plus vite on est parti » qu’elle a dit. Un plateau avec les fameuses frites avec un filet de poulet croustillant, du vrai, pas du reconstitué: on se console comme on peut. Ensemble aride nappé de sauce de cheddar fondu sur lequel sont parsemés quelques nachos en sachet, des sortes de chips en sachet pour apéritifs. 6/20. La serveuse est venue récupérer nos assiettes à moitié pleines sans s’en étonner. Question d’habitude. Le patron mains sur les hanches observe la situation générale avec ses terrasses pleines, une calculette dans les yeux. Vu le prix de ses assiettes et l’étonnante affluence saisonnière, il n’aura pas de mal à payer son personnel et ses fournisseurs, normalement. Bref. A Carcès, joli village du Var, « L’Olalpa ». MacDo en Provence.