L’Oasis

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En époussetant la neige de son chapeau vert, Mauricette sort un ultimatum: « un couscous sinon je prends l’avion ».

Alors j’ai visé cet « Oasis » aux spécialités orientales, histoire de nous remonter le moral puisque on ne peut pas le faire avec la température du thermomètre. Dehors ça caille mais dedans et contre toute attente, tout le monde a gardé sa parka. Chauffage poussif et pourtant, c’est tout petit. Moins de 20 couverts, tables et chaises de camping en bois. On est resté debout plus d’une minute. C’est long d’attendre debout devant un comptoir où ya personne pour vous accueillir. Et puis au bout d’un trop long moment, une dame souriante remonte des escaliers qui descendent au sous-sol: les cuisines. Après nous avoir placés, elle nous récite les plats. Une carte écrite serait plus simple, mais pourquoi faire simple. On écoute poliment les spécialités annoncées comme tunisienne, nous ne saurons rien sur les tarifs.

Une fois commande passée, la dame amène la kémia et comme dit le cordial patron-cuisinier monté en salle faire coucou aux clients: « c’est mieux que les cacahuètes non? ». Confirmation! Carotte au cumin, pois chiche à l’huile, poivrons au four. Avec le pain oriental, c’était bien, même dans le froid. Mon « couscous royal » est arrivé en plusieurs épisodes, assiette avec semoule et viande, pois chiche en sauce, légumes. Autant de générosité comble. Le poulet est très moyen, se détache (trop) facilement, la merguez correcte, le bout d’agneau est une tranche de gigot de mouton trop gras avec os. Et le mouton bouilli et cuit depuis un moment, réchauffé à la va-vite: on le sent de loin. Dommage car légumes et bouillon sont généreux et agréable. 14/20. Le « tajine bœuf/pruneaux » de Mauricette fait le job, épicé et cuisiné. Les bouts d’amandes effilées sorties du sachet puis jetées dessus brutes ne servent à rien. Un peu de semoule est livrée à part, très bien, soignée. 14/20.

On s’en est mis jusque là dans un restaurant à 15°C. Vrai thé à la menthe, peu sucré: tant mieux! Evitez les pâtisseries stockées sur le comptoir. Mes lilipputiens makroud et baklawa sont rassis. Un feuilletage rassis est insupportable. 10/20 et je suis gentil. J’ai moins envie de l’être quand j’apprends que ces mignardises exotiques de piètre qualité sont vendues 2€ l’unité. Bref! L’addition siouplé madame. Couscous à 17€ et tajine à 18€: c’est un peu élevé quand même. Je finissais de tapoter mon code CB quand Mauricette me fit de grands signes! Fallait qu’on file: une fumée à la puissante odeur de friture arrivaient de l’escalier en envahissant la petite salle confinée. Le taulier devait faire frire ses bricks dans l’huile ou je ne sais quoi d’autre. Bref! En filant comme si on allait se prendre un tsunami dans le pif, on échappait au pire dans les cheveux et les vêtements.