Little Boui Boui

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Des boui-bouis tels que celui-ci mes petits canaris jolis: tous les jours! Et avec grand plaisir!

Pas seulement parce que l’intérieur est joyeusement coloré pour ne pas dire joueur comme l’est une garderie d’enfants, des bibliothèques avec du sérieux, des livres à lire, pas pour garnir les étagères pour la photo. On voit vite que la boutique souhaite le bonheur de votre appétit et de votre santé: elles sont moins fréquentes que celles qui veulent votre CB, surtout dans le coin. Le plus étonnant (pourvu que ça dure!) est le rapport qualité-prix de la cuisine. Deux cuisinières en cuisine, à travailler du frais au quotidien, absence intégral de moyen, ce moyen qui flingue nos désirs auxquels se frottent nos vies. Le jour de mon repas, le service était hors-jeu, déboussolé par un taquin soleil printanier provoquant une précipitation de gambettes blanches en terrasse pour les dames, une escouade de chemises blanches pour les messieurs.

Plat du jour épuisé à 13h: la rançon du succès. Le midi: menu complet 19,5€ avec alternative simple, décliné en formule 14€. Entrée « œuf cocotte à l’estragon et basilic ». S’il est un poil trop cuit, la bévue est largement rattrapée par le tonus des herbes fraiches, un régal. Pour le coup, c’est pas Ducros qui se décarcasse, mais un jardinier. 14/20. Vu que le poulet citron a été dévalisé, je n’avais d’autre choix que « ballotine de truite, sauce paprika ». Assiette creuse sans frime, de l’école de la sobriété qui ne cherche pas à prouver mais à régaler. Nuance. Morceaux de légumes calibrés, pâtes al dente, poisson rose enroulé autour d’une délicieuse farce. Et un jus à damner, clair et subtil, qui joue le timoré alors qu’il est le héros du film. Tout saucé avec le bon pain. 15/20 à l’aise Blaise. Un régal à vil prix!

Chaque jour, des plats nouveaux, les anciens sont partis, peut-être reviendront-ils… En vrac: tempura de légumes, harengs pomme à l’huile, farcis niçois, rillettes de lapin, rouleaux de printemps, poulet au citron, lieu noir façon bouillabaisse, cabillaud sauce chorizo, osso bucco, paupiette de filet mignon, gnocchi au beurre de sauge. De la cuisine quoi. Sans prose violoneuse pour faire du malin mais avec plein de produits frais travaillés tôt le matin. Adresse sincère autant que précieuse, et surtout: sans prise de chou. Encore que le jour où Nadine Fondacci cuisinera une potée auvergnate, faudra bien. Bref! On fonce tête baissée, bouche ouverte et sourire aux lèvres!