Les Saveurs D’Ange

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C’est quand même terrible. Tout y est. Ou presque.

Une jeunesse volontaire. Un épatant binôme féminin en salle avec des sourires jusque là. Une terrasse et une salle peu spacieuses mais qui savent créer l’intimité. Une carte brève, avec une dorade et un loup aux garnitures communes (22€ et 24€). Des brochettes le soir, un aïoli le dimanche (?). Une andouillette à 18,50€ (boing) et un « filet de bœuf » à 21,50€. 4 ou 5 salades à 16€ et 17€. Des pâtes uniquement le midi « suivant disponibilité » (la feinte). Je sais bien que la tendance est aux cartes courtes comme un haïku pour faire croire au chaland que « tout est frais et maison » m’enfin bon, une telle proposition est quand même gonflée!

Faut voir à l’œuvre. J’ai vu et j’ai surtout mangé: c’est une cuisine fainéante qui ne s’embarrasse pas des méthodes à l’ancienne. On est au bord de l’eau dans un contexte balnéaire, on ne va quand même pas embêter le client avec des recettes cuisinées. Pourtant mes petits lézards, j’ai saisi que le cuisinier savait des choses. Mise en bouche réussie avec « velouté de courgette, curry et paprika ». Servie dans une tasse à café Richard: pourquoi pas. 14/20. Et puis « le filet de bœuf, crème d’ail, sauté de pommes de terre, salade » n’est pas trop cher pour les 200 grammes annoncés. De la surface d’une entrecôte, il a la dégaine d’un rumsteck violemment écrasé pour l’attendrir. J’aurai pu verser une larme mais cette viande pissait suffisamment la flotte. Je la verserai quand même, pour les patates annoncées comme « sautées ». Des cubes de frites. J’en peux plus.

Si le chef ne veut pas mettre le réveil pour venir bosser plus tôt et faire de vraies pommes de terre sautées, qu’il annonce des « frites » dans l’intitulé. Mais non. En plus tel le vendeur de foire décomplexé, le cuisinier m’explique à travers le passe que ce sont des patates sautées mais pas vraiment car presque. Insupportable. Dommage car la sauce servie à part est fort délicate en ail, et la salade fraiche bénéficie d’une agréable vinaigrette sucrée. Mais voilà. Une assiette paresseuse à 12/20. Pas de dessert. Ou comment ce jeune couple arrivé de Poitiers installé mi-2017 vers le port a choppé le virus de la gastronomie du littoral varois et ses lassantes pratiques pour enfumer le chaland.