Les Canailles

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La dame s’avère plus aimable qu’elle ne le montre au début.

Quant au monsieur qui fait des allers-retours entre salle et cuisine, il pratique avec une remarquable aisance la méthode de l’absence de bonjour. Je préfère donc la dame qui semble faire la tronche mais qui salue le client tandis que le monsieur qui discute avec une table de sa connaissance et qui ne dit pas bonjour aux autres. Question de hiérarchie. Bref! le plus dur est reste à faire: choisir un plat. Burger, pâtes, salades, tartare, carpaccio… Original non? J’en peux plus, j’vous jure. En même temps, on ne peut pas faire la cuisine d’un côté, et passer son temps en salle à ne pas dire bonjour. Enfin bon.

Ah tiens? Je me crois sauvé avec la suggestion du jour: « blanquette de poulet avec carottes, champignons et pommes de terre ». En plus pour 10,90€ qu’est-ce que je risque? D’être déçu? C’est le cas mais le cuisinier l’a bien cherché. Enfin cuisinier, faut vite le dire. Portion lilliputienne pour ce plat présumé généreux. Mais c’est tant mieux. La sauce est dopée au fond de sauce, non liée. Les carottes sont fraiches. Le poulet, c’est un blanc de poulet sous-vide précuit, coupé en rondelle. Ça colle aux dents. En l’absence de riz, les patates avec peau sont multi-réchauffées de la semaine passée. La peau est dure, dedans c’est mou. Un peu de salade dans un coin de l’assiette, pour que se mélangent la sauce de la blanquette d’opérette et la douche de balsamique catastrophique.

Autant dire qu’avec cette histoire, les 10,90€ sont particulièrement exagérés: 8/20. Avec grande honnêteté, la dame m’avoue que la « tarte au citron » n’est pas maison mais plutôt bonne. Nombre de tartes au citron dites « maison » ne lui arrivent pas à la cheville. Pas trop sucrée… 13/20. Pas mal de monde ce midi, salle ou terrasse. Mais un vrai cuisinier qui veut faire plaisir au client et qui ne cherche pas à faire chauffer le tiroir-caisse en prenant les gens pour des gogos, j’ai pas vu.