Les Braises Rouges

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Grand parking. Comme avant que ça change de taulier, voilà 3 ou 4 années.

Par contre à l’intérieur mes petits lézards, c’est le jour et la nuit. Du gris taupe, du rouge basque, du clair pour éclaircir le plafond de la spacieuse salle avec comptoir organisé et cuisines ouvertes, comme décomplexées. Masculin ou féminin, le service est épatant de gentillesse et de vivacité, comme habitué à l’excitation des midis pressés, les clients sont toujours au chronomètre alors on s’adapte. On me refile une ardoise dactylographiée avec des propositions du jour. Un peu stressé par la serveuse qui ne chôme pas, j’ai (trop) vite lu « menu à 15,20€ ».

Ce qui me paraissait être une bonne affaire. Pour entrée, une petite dizaine de « tapas » parmi lesquels il faut en piocher trois. Pourquoi pas. Alors des « artichauts barigoule »: des fonds coupés en 6 qui transpirent l’ail de mauvaise qualité. Deux « accras sauce tartare » pas maison mais agréables et deux roulades de courgette crue farcies au fromage de chèvre, plutôt adroites. Mettons un 11/20 pour faire une moyenne des trois. Le plat du jour est « médaillon de cabillaud grillé sauce soja et nouilles chinoises ». Recette tellement salée qu’on dirait de la morue mal dessalée. Mais non, c’est la sauce soja, radicale. Un lit de nouilles mélassées avec persil, pois gourmands, graines de sésame, bouts de poivrons, râpures de carotte… et posés dessus, deux bouts du poisson marqués et trop cuits. Trop laborieux mais on peut noter la volonté d’être original à défaut d’être pertinent dans la réalisation. 12/20 pour l’effort.

Un litre d’eau plus tard (le sel, ça vous dézingue les amygdales et le reste), je choisis un dessert, histoire d’assumer entièrement le menu choisi. Une « crème brûlée à la vanille » ratée puisque trop cuite, un flan. 10/20. Un café siouplé! Merciiiii. L’addition siouplé! Merciiiii… ouch… 21,10€. Dont 1,90€ le café. Soit le menu complet à 19,20€. Et non 15,20€ comme je le pensais. Ça fait chérot vu l’approximation culinaire, d’autant que le pschitt-pschitt trop parfumé que les serveuses m’activent avec indifférence sous le pif embaume ma fin de repas. Il serait avisé que le restaurateur se mette parfois un peu à la place du client en le considérant comme autre chose qu’une CB ambulante.